Le sujet divise la majorité à quelques mois des Jeux Olympiques de Paris. Faut-il supprimer le régime fiscal de faveur dont bénéficient les locations touristiques type Airbnb ?
Aussi étonnant que cela puisse paraître, il est aujourd’hui fiscalement beaucoup plus avantageux de mettre son appartement en location par le biais de la plateforme californienne que de le proposer en location meublée classique, et bien plus encore qu’en location nue. La différence de prélèvement entre les différentes formules peut aller du simple au double et même bien au-delà si on prend en compte les plafonds de revenus fixés.
En clair, il existe aujourd’hui une niche fiscale incitant les propriétaires à faire tourner leurs biens sur Airbnb ou d’autres plateformes comparables. En pleine crise du logement, cette situation est absolument incompréhensible. D’autant que l’argument qui la justifie est plus que discutable. L’idée est d’encourager les loueurs à améliorer la qualité de leur logement, puisque le niveau d’exigence de ces plateformes est plus élevé que celui du reste du marché locatif.
Des propriétaires prêts à renouer avec la location classique ?
Et pourtant, au sein même du gouvernement, la suppression de cette niche ne fait pas l’unanimité. La volonté de la réduire est unanime. Mais il est vrai que même à Bercy, on souhaite maintenir un écart entre les locations meublées touristiques et les autres. Sans doute par peur qu’un alignement ne se traduise par un coût pour les finances publiques.
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Il n’empêche, si la suppression de cet avantage fiscal ne va pas réduire à elle seule la pénurie de logements qui menace, elle pourrait bien conduire un certain nombre de propriétaires à renouer avec la location classique, qui en a bien besoin. De quoi détendre le marché dans les villes touristiques, à commencer par Paris. Début 2023, Airbnb recensait 750.000 annonces sur le territoire, dont plus de 40.000 pour la seule capitale. Est-il raisonnable que l’argent des contribuables concourt à ce succès ? La réponse est non.
François Vidal