L’électronique, en particulier la fabrication de smartphones, est une industrie très polluante. Zoom sur ce produit que nous avons tous dans la poche.
Quand on parle de pollution et de réchauffement climatique, on parle souvent des usines, du transport et du bâtiment, en oubliant que l’électronique a aussi un impact. Bien sûr, quand on téléphone au lieu de se déplacer, on réduit son empreinte carbone, mais notre consommation permanente de data numérique consomme aussi beaucoup d’électricité. Surtout, changer tous les 18 à 24 mois de smartphone consomme énormément de plastique, de métal et de terres rares.
Très souvent, on jette ou range dans un tiroir des téléphones qui auraient pu durer plus longtemps. Il y a donc un enjeu écologique à favoriser la mise sur le marché de téléphone équipés de batteries qui durent plus longtemps, qui consomment moins et qui soient aussi plus faciles à réparer.
Un « indice de réparabilité » doit entrer en vigueur en 2025
Pour chercher à réduire ce problème, la France et l’Europe doivent travailler sur plusieurs fronts. Il existe en France des règles pour lutter contre ce qu’on appelle l’obsolescence programmée, quand des fabricants d’appareils électroniques lancent des produits en sachant qu’ils finiront par se casser dans quatre ou cinq ans. Il y a aussi parfois des smartphones qui fonctionnent encore mais qui ne fonctionnent plus avec les dernières versions logicielles. Il est possible de prendre des mesures et contraindre les fabricants.
A l’échelle européenne, un nouveau cadre qui porte sur un « indice de réparabilité » doit entrer en vigueur en 2025. On n’oblige pas forcément les industriels à être totalement vertueux mais ils sont obligés d’être transparents et d’informer le consommateur pour qu’il puisse faire ses choix en connaissance de cause.
Il faut basculer dans l’éco-conception
Cela va dans la bonne direction, mais il faut que les textes européens et français soient compatibles. Il ne faudrait pas se retrouver avec trop de contraintes ou un patchwork de règles différentes dans tous les pays. Sur le principe, le fait d’obliger les fabricants à proposer des pièces pendant dix ans à un prix abordable ou de gérer les mises à jour sans rendre inutilisables leurs appareils de génération précédente sont des avancées positives.
Mais au-delà, la balle est dans le camp des groupes d’électroniques. Il faut qu’ils basculent dans une forme d’éco-conception, pour que les appareils soient faciles à réparer, qu’il soit facile de leur donner un coup de jeune.
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Ensuite, la responsabilité sera celle des consommateurs. Il existe aujourd’hui en France des marques de téléphones dits durables comme Fairphone et ils séduisent pour l’instant moins que d’autres marques. On peut réguler et encadrer, mais il faut aussi éduquer et convaincre.
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