Langue française : Doit-on dire « ramener » ou « rapporter » le pain ? La règle simple pour ne plus se tromper

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Les auditeurs de Radio Classique font preuve d’une vigilance admirable, et d’une sévérité parfois redoutable, à l’égard des approximations de langage. Qu’il s’agisse du pain qu’on « rapporte » ou qu’on « ramène », ou de l’usage de « récipiendaire », ces exemples révèlent une même réalité fondamentale : en français, les mots ne sont pas interchangeables.

 

 

Ramener ou rapporter le pain, une confusion répandue mais facile à corriger

La confusion est très répandue, y compris chez les locuteurs les plus attentifs. La distinction est pourtant limpide dès qu’on l’explique.

Mener, amener, ramener sont des verbes qui s’appliquent à ce qu’on conduit, ce qu’on accompagne : des personnes, des animaux, ou une chose qu’on guide. On ramène un enfant de l’école, on amène un ami à dîner.

Porter, apporter, rapporter sont des verbes qui s’appliquent à ce qu’on transporte physiquement. On rapporte le pain de la cuisine, on apporte une bouteille chez des amis.

En théorie, on ne peut donc jamais ramener un objet. Mais la frontière s’est brouillée dans l’usage courant, au point que le grammairien belge Maurice Grevisse lui-même reconnaît que la distinction tend à s’effacer. À l’écrit soigné comme à la radio, mieux vaut néanmoins la respecter.

Un test pour ne pas se tromper

Un bon test : si vous pouvez remplacer le verbe par porter, utilisez rapporter. Si vous pouvez le remplacer par conduire ou accompagner, utilisez ramener.

Il existe cependant une exception savoureuse : on ne dit pas à quelqu’un « rapporte ta fraise », mais bien « ramène ta fraise ». Logique : la fraise désigne ici le visage. On humanise l’expression, et le verbe suit.

Récipiendaire ou destinataire, une erreur courante, à la distinction pourtant claire

Récipiendaire est un mot savant, issu du latin recipere, qui signifie recevoir. Il désigne une personne qui reçoit quelque chose lors d’une cérémonie officielle : une décoration, un prix, un diplôme. On parle ainsi des récipiendaires du prix Nobel ou de la Légion d’honneur. C’est un terme précis et protocolaire.

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L’erreur courante consiste à l’employer à la place de destinataire, pour désigner simplement la personne à qui l’on envoie un courriel ou un courrier. La distinction est pourtant claire : un destinataire reçoit une lettre ; un récipiendaire reçoit une distinction.

Karine Dijoud

Retrouvez la chronique Et si on parlait français ?