Les auditeurs de Radio Classique se sont interrogés sur plusieurs points de la langue française, notamment l’absence de mot spécifique pour désigner un objet protégeant la main, ce qui nous permet de nous plonger dans l’étymologie de « genou », particulièrement riche et originale.
La première question porte sur le nom des protections : pourquoi dit-on genouillère, coudière et protège-poignet, mais pas « mainière » (sic) par analogie ?
Pour comprendre, il faut observer la formation des mots.
De genouil à genou, un mot né au XIVe siècle
Genouillère vient de genouil, ancienne variante de genou. Le mot apparaît au XVIe siècle et désigne d’abord une pièce d’armure couvrant le genou, avant de s’appliquer à tout dispositif destiné à protéger cette articulation.
L’étymologie de genou est d’ailleurs remarquable : attesté au XIVe siècle, le mot serait apparenté au latin gignere et au grec gignesthai, qui signifient notamment « naître ». Le lien viendrait d’un ancien usage consistant à placer le nouveau-né sur les genoux de son père pour le faire reconnaître.
Quant au poignet, il s’agit d’un diminutif de poing, formé avec le suffixe -et et attesté dès 1185. Dès lors, le mot imaginé par l’auditeur, « mainière », ne conviendrait pas : il renverrait à la main, et non au poignet. Mieux vaut donc conserver protège-poignet, qui a le mérite d’indiquer clairement sa fonction.
« On est sur une tendance », la formulation est-elle correcte en français ?
Autre interrogation, plus contemporaine celle-là : peut-on dire être sur quelque chose ? On entend en effet un maître d’hôtel annoncer que l’on est « sur un plat en sauce », ou un journaliste expliquer que l’on est « sur une tendance ».
L’usage existe bel et bien. La linguiste Julie Neveux cite par exemple la formule : « Vous êtes sur un blanc très minéral. » Il faut préciser que cet emploi de sur se rencontre surtout dans les domaines de la gastronomie et de l’œnologie.
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Pour autant, les dictionnaires de référence restent réservés. Le Robert comme l’Académie française considèrent encore cet usage comme fautif, même s’il se répand de plus en plus.
On peut donc constater sa progression sans nécessairement l’adopter. Mieux vaut, dans une langue soignée, préférer des formulations plus classiques.
Karine Dijoud
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