Les compositrices particulièrement sous-représentées dans les concerts en France

SADAKA EDMOND/SIPA

Les compositrices demeurent sous-représentées dans les programmations consacrées à la musique classique. En France, seulement 6,4% des œuvres proposées au cours de la saison 2022-2023 ont été composées par des femmes.

Menée avec le soutien du ministère de la Culture et du Centre national de la Musique, l’étude de l’association Elles Women Composers est publiée en amont d’une journée de débats sur la place accordée aux oeuvres créées par des femmes organisée samedi à la Philharmonie de Paris.

Parmi les 14.892 œuvres comptabilisées auprès de 214 structures (36 orchestres, 26 opéras, 104 festivals et 48 salles de concert ou théâtres ou scènes nationales), « Seules 951 ont été composées par des femmes », soit 6,4% », relève ainsi l’association.

La part du temps de programmation consacré aux compositrices, c’est-à-dire le minutage de chacune des 951 œuvres, est, lui, estimé à environ 4%. Sur les 3.365 programmes observés par l’étude, « seuls 372 (11%) comprennent une ou plusieurs œuvres de compositrices », est-il noté dans l’étude.

Seulement 4,3% des pièces composées par des femmes programmées dans les maisons d’opéra

Autre enseignement: « les compositrices sont particulièrement sous-représentées dans les maisons d’opéra, où leurs œuvres ne représentent que 4,3% » des pièces programmées (contre 6,7% à 6,8% dans les orchestres, festivals, salles de concert, etc.). Et « sur 199 programmes d’opéra présentés par des maisons d’opéra en 2022-2023, seuls cinq comprenaient un opéra de compositrice ».

Cette saison-là, les cinq compositrices les plus jouées ont été (en nombre d’oeuvres) : Lili Boulanger (53 oeuvres), Clara Schumann (45), Mel Bonis (45), Fanny Mendelssohn (36) et Nadia Boulanger (32).

Un répertoire disponible de plus de 5.000 œuvres composées par des femmes

« Pourquoi ces œuvres ne parviennent-elles pas à la scène ? », s’interroge l’association, qui relève que ce n’est pas dû à un « manque de répertoire existant ». Elle souligne ainsi qu’une autre association, Présence compositrices, a une base de données dénombrant « plus de 5.000 oeuvres ».

Elles Women Composers avance plusieurs explications: « les partitions ne sont pas toujours disponibles, éditées ou accessibles ». Ensuite, « de nombreuses œuvres ne font pas encore l’objet d’un enregistrement et les programmateurs n’ont donc pas l’occasion de les entendre ». Enfin, « encore trop peu de musicologues s’y intéressent ».

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Fondée en 2020, Elles Women Composers est une association de promotion des œuvres de compositrices et revendique d’être aussi un centre de recherche.

Philippe Gault (avec AFP)

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