Aux États-Unis, la rougeole continue de gagner du terrain. Un enfant vient de décéder dans l’État de New York, une première depuis trente ans. Plus de 4800 cas ont été recensés depuis le début de l’année. Au lendemain des élections de mi-mandat, la politique vaccinale de l’administration Trump suscite de vives tensions.
« Le vaccin contre la rougeole existe depuis 1963. On a établi qu’il a sauvé 60 millions de vies au cours des vingt dernières années. Nous ne pouvons pas revenir en arrière : ce serait dévastateur pour notre État. »
Cet avertissement a été lancé par la gouverneure de New York, Kathy Hochul, dès mars 2025. Depuis, un enfant est mort de la rougeole dans son État. Une première depuis 30 ans. La baisse de la vaccination ouvre un boulevard au virus, alerte Hervé Haas, pédiatre infectiologue, spécialiste de la rougeole :
« Ces virus ne pardonnent rien. Si vous n’êtes pas protégé, lorsque vous serez en contact avec le virus, vous allez contracter la maladie, du fait de sa haute contagiosité. Si la vaccination recule encore aux États-Unis, il y aura de plus en plus de cas. C’est inéluctable. »
Le virus de la rougeole persiste dans l’air
L’arrivée de l’hiver pourrait accélérer les contaminations, les Américains passant davantage de temps dans des lieux clos et moins bien aérés.
« Le virus de la rougeole peut persister dans l’air. C’est démontré : une personne atteinte tousse, puis s’en va. Les personnes qui arrivent vingt minutes ou une demi-heure plus tard vont respirer cet air et être contaminées » souligne Hervé Haas
Mais le danger ne s’arrête pas là, car la rougeole peut aussi provoquer, plusieurs années après l’infection, une maladie neurologique mortelle. L’infectiologue Daniel Floret, spécialiste de la vaccination, rappelle que la France en a déjà fait l’expérience :
« Nous avons eu récemment en France trois enfants morts de cette forme tardive. Ils avaient eu la rougeole lors des épidémies de 2018, puis ont développé une encéphalite quelques années plus tard. »
Le seul outil de prévention, la vaccination
Le bilan définitif de l’épidémie américaine pourrait donc n’être connu que dans plusieurs années, une fois que Donald Trump ne sera plus à la Maison Blanche.
« Cela peut survenir cinq, six, sept ou huit ans plus tard. Vous pensez être guéri, puis le virus se réactive dans votre cerveau et donne des encéphalites dites tardives, mortelles dans 100 % des cas. C’est une catastrophe », explique Daniel Floret
« Le seul véritable outil de prévention, c’est la vaccination. Nous n’en connaissons aucun autre. On n’a pas encore mesuré l’impact global des différentes épidémies. Il faut que tout le monde en ait conscience : faire une rougeole n’est jamais anodin. »
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Dès la semaine prochaine, l’Organisation mondiale de la santé devrait retirer aux États-Unis leur statut de pays ayant éliminé la rougeole obtenu en 2000. Un retour en arrière de plus d’un quart de siècle.
Rémi Pfister
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