A deux jours de l’ouverture des Jeux Paralympiques, le président du Comité d’organisation de Paris 2024 Tony Estanguet était l’invité exceptionnel d’Esprits libres, en cette rentrée pour Radio Classique. Après des JO réussis, et avant des Jeux Paralympiques qui s’annoncent prometteurs, notamment en termes de médailles d’or pour la France, il a livré trois conseils pour motiver une équipe.
Les JO de Paris resteront dans l’histoire olympique comme un symbole de réussite pour la capitale, pour la France et pour Tony Estanguet. Le président de Paris 2024 a cru jusqu’au bout au projet qu’il a porté et sur lequel il a travaillé dix longues années. Et il a du mérite, car la presse française, elle, n’y croyait pas, se faisant l’écho – heureusement à tort – des ratés à venir. Même la pluie incessante lors de la cérémonie d’ouverture n’a pas entamé l’image de l’évènement.
Au micro de David Abiker, Tony Estanguet a donné trois conseils-clés pour mobiliser une équipe en vue d’un objectif et cite en premier lieu l’ambition. « Je sais que dans ce pays, cela peut déranger d’avoir des gens ambitieux, audacieux, qui essaient d’aller titiller l’impossible, ce qui n’a jamais été fait. Pourtant, la France est capable de choses exceptionnelles ». C’est de cela que l’ancien sportif veut qu’on se souvienne.
S’adapter, car « rien ne se passe complètement comme prévu »
Autre élément essentiel, le collectif. « Seul, on est incapable de le faire », détaille Tony Estanguet, qui estime devoir « la réussite de ces jeux au soutien de l’Etat, des collectivités locales, de la maire de Paris, de la présidence de Région sur les transports, mais aussi les entreprises et les sponsors ». 84 sociétés privées ont financé ses jeux, ce qui représente 95% du financement total. « Elles ont apporté un savoir-faire dans l’organisation, et des moyens ».
Le troisième conseil de Tony Estanguet pour mener à bien un projet est de s’adapter. « Rien ne se passe complètement comme prévu, même si le plan est très solide et qu’on a travaillé dix ans pour un résultat idéal. Je peux vous dire que tous les jours, il a fallu garder son sang-froid et prendre des décisions ». On pense évidemment la pluie drue qui s’est abattue sur Paris tout au long de la cérémonie d’ouverture.
« La pluie, un cauchemar »
« C’était assez affreux », lance le président de Paris 2024, ajoutant dans un souffle : « c’est vraiment un sentiment que je n’ai plus envie de revivre. La pluie a été un cauchemar. » Alors que pendant son discours, il est resté totalement impassible, lâchant même une petite blague sur la météo défavorable, Tony Estanguet a en réalité très mal vécu ce moment, racontant sa déconvenue de voir le ciel s’assombrir « heure après heure, alors que la veille, les bulletins météo étaient plutôt optimistes ».
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On connaît la suite : « un déluge, quatre heures de pluie non-stop ». Il a fallu « prendre des décisions, trouver des solutions pour que les artistes puissent performer ». « Bravo aux artistes, à celles et ceux qui ont trouvé des solutions ce jour-là en catastrophe pour nous offrir une cérémonie qui fera date », conclut-il.
Béatrice Mouedine
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