Avec une avalanche de nouvelles salles et de nouveaux licenciés, l’escalade a considérablement gagné en popularité ces dernières années. Décryptage de l’engouement qui émerge autour de ce sport dans l’air du temps.
Dans le sport aussi il y a des modes. Et en ce moment une activité sportive progresse à toute vitesse : l’escalade. Il n’y a pas si longtemps, l’escalade était encore un sport réservé à des super athlètes ou des têtes brûlées qui partaient à l’assaut de sommets en s’attachant avec des cordes et des goupillons sans avoir peur du vide.
Mais depuis quelques années, la discipline est passée d’un sport extrême d’extérieur réservé aux amoureux de la nature et de la montagne à un sport d’intérieur de plus en plus urbain. On grimpe encore le long de falaises, mais on grimpe aussi de plus en plus en salle. Ce qui était une mode est en train de devenir un vrai phénomène de société.
Le succès de l’escalade peut se mesurer à la l’aune de deux indicateurs : l’évolution du nombre de licenciés et la croissance du nombre de salles. La délivrance de licences est passée d’une progression d’environ 3.000 à 5.000 personnes de plus par an à 10 à 15.000 de plus. Une progression impressionnante, qui permet de comptabiliser aujourd’hui une base de grimpeurs actifs de 115.000 licenciés. En comptant tous les pratiquants, on atteint même presque les 2 millions de personnes, soit 500.000 de plus en trois ans.
Les salles d’escalade concurrencent les salles de gym
Du côté des salles, on est passé d’une quinzaine seulement, il y a une dizaine d’années, à bientôt 300. Et ce phénomène accélère, car on en compte presque une centaine de plus en à peine 18 mois. Le indoor représente plus de 10 millions d’entrées par an. Les salles d’escalade vendent des abonnements qui concurrencent les salles de gym, et les actionnaires financent l’ouverture de salles dans des villes de plus en plus petites.
En parallèle, cela augmente les ventes de chaussons d’escalades qui s’élèvent à 300.000 paires par an, mais aussi de cordes, de piolets et d’autres accessoires, parce que faire de l’escalade nécessite un peu plus d’équipement qu’un footing. Cela représente tout un écosystème.
Il y a un côté « style de vie »
On peut tenter d’expliquer ce succès par un « effet JO » lié aux derniers Jeux Olympiques de Tokyo. Le sport passe à la télé et il est simple à comprendre et ludique car il prend la forme d’une course verticale en format duel. Les salles en ville proposent quant à elles deux options. Soit l’escalade avec des cordes, soit ce qu’on appelle le « bloc ». Cette deuxième forme d’escalade consiste à s’accrocher à des blocs sans monter très haut. On peut la pratiquer seul et sans prendre trop de risques.
Les salles d’escalade sont aussi devenues des lieux de vie. On peut y retrouver des amis, y boire un jus de fruit bio, y manger une salade de quinoa… Pour les jeunes il y a un côté « style de vie » et cela permet également de pratiquer un sport nouveau.
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C’est un sport dans l’air du temps et qui permet de vraiment progresser sans avoir besoin de battre un adversaire. Et même si l’on pratique en ville, on peut avoir l’ambition de se dire que l’on pourra un jour partir à l’assaut d’une montagne. Cette activité a un côté nature et dépassement de soi. Et les athlètes français gagnent des médailles lors des Jeux Olympiques de Paris, l’escalade va devenir bien plus qu’un simple effet de mode.
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