Des milliers de Français ont pris la décision de s’expatrier aux Etats-Unis, mais leur entrée sur le marché du travail américain ne se passe pas toujours comme ils s’y attendaient. Des nouvelles du rêve américain, ou plutôt de ce qu’il en reste.
Cette expression de « rêve américain » existe encore et fait toujours fantasmer des milliers de Français qui se s’imaginent expatriés aux Etats-Unis afin de vivre cette vie idéale. Aujourd’hui, ce sont environ 145.000 de nos concitoyens qui ont traversé l’Atlantique avec des étoiles dans les yeux, pour des raisons professionnelles ou personnelles, avec ce statut d’expatrié.
Sont-ils heureux ? Le rêve se passe-t-il comme convenu ? Pas vraiment, selon le journal Les Echos qui décrit cette aventure comme une véritable douche froide, avec force témoignages à l’appui. Comme celui de David, qui a atterri à Chicago à l’âge de 28 ans pour un job de responsable de projets dans la finance.
Avec 130.000 dollars de revenu par an, les perspectives financières étaient réjouissantes sur le papier. Mais en réalité, il confie s’être retrouvé « prisonnier de son job pendant cinq ans et demi ». Et il n’est pas le seul à avoir vécu cet ascenseur émotionnel.
Le Visa L-1, un titre peu protecteur
En coulisses, certaines différences culturelles, que l’on devine ou que l’on connaît de loin, surprennent, voire choquent, les expatriés dans la réalité du quotidien. Le Visa L-1, par exemple, justifie la présence sur le sol américain exclusivement pour un contrat de travail, ce dont l’employeur est conscient. Par ailleurs, les avantages sociaux, la sécurité sociale, la sécurité de l’emploi, les Prud’hommes, et même les congés payés n’existent pas aux Etats-Unis !
Il y a évidemment des congés, mais ils dépassent rarement plus de deux semaines par an. De plus, il arrive souvent que les employés doivent les reporter, comme l’explique Isabelle, manager dans le marketing. Pour résumer, en France, on travaille pour vivre et avoir une belle qualité de vie tandis qu’aux Etats-Unis, on vit pour travailler.
Une culture de la compétition et de l’individualisme
Par ailleurs les Américains sont infiniment plus compétitifs et individualistes et les relations humaines entre collègues restent assez pauvres. Pas de culture de la pause déjeuner, par exemple, mais plutôt une pause café en solo.
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Il reste quand même de bonnes raisons de devenir expatrié aux Etats-Unis, qui expliquent que certains Français décident de de franchir le pas. Le même David raconte qu’il a enfin obtenu sa Green Card, le titre de résident permanent et admet que « cela valait le coup de serrer les dents ». Autrement dit, si l’on veut vraiment apprécier l’aventure, il faut s’accrocher pour s’habituer à cette culture extrêmement différente de la nôtre. Mais il fait bon vivre aux Etats-Unis et les opportunités professionnelles y sont nombreuses.
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