Les jeunes et le travail : Ils ne veulent pas d’une vie consacrée à leur métier

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Le Monde publiait en janvier 2022 une enquête très en empathie sur le désinvestissement, sur la désambition des 18-35 ans vis-à-vis du travail. Si vous êtes recruteur, ça vous intéressera, si vous êtes employeur ça peut vous inquiéter.

43 % des jeunes interrogés par Le Monde veulent choisir un métier par passion

Le Monde accumule les témoignages de jeunes actifs qui ne sont plus du tout prêts à surinvestir le travail. Commençons par les témoignages des intéressés. Nolwenn 24 ans, aiguilleuse à la SNCF : « j’ai vu ma mère cassée par l’usine, je ne veux pas que ma vie tourne autour du travail ». Thomas, 23 ans fonctionnaire à Bercy : « j’ai un vrai équilibre de vie, mon but c’est d’être heureux, d’avoir des missions qui ont du sens et un équilibre de vie. Je ne suis pas prêt à la renier pour faire carrière ». L’institut Montaigne confirme le phénomène dans une enquête. 43 % de la nouvelle génération veut choisir un job par passion, contre 33 % pour celle de leurs parents. Pour 25 % d’entre eux le salaire est un critère important, c’était 41 % pour les parents. 78 % des 18-24 ans récemment interrogés n’accepteraient pas un emploi qui n’a pas de sens, selon une récente enquête YouGov.

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Une génération de « Bisounours » biberonnés au 35 heures ?

« On constate des démissions, des abandons de poste, des délocalisations en province. La crise fait que les gens se sont questionnés sur le sens au travail », remarque Audrey Richard, la présidente de l’Association nationale des DRH. « Les entreprises ont le sentiment que les priorités chez les jeunes se sont inversées, avec la vie personnelle qui passe désormais avant le travail », observe Solène de Margerie, directrice du développement chez Entreprise et personnel. Et si vous ouvrez le cahier emploi Parisien-Aujourd’hui en France ce matin, que lisez-vous ? Un travail qui a du sens, c’est quoi au juste ? Et si vous lisez le supplément vous verrez que cette question du sens touche tous les secteurs, y compris les carrières à vocation comme la médecine. Ceci dit, plus vous lisez ces témoignages, plus vous vous demandez si ce n’est pas une génération de « Bisounours » biberonnés aux 35 heures ou l’avant-garde d’une révolution qui annonce la société des loisirs et du travail si je veux.

David Abiker

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