L’ancien résistant Robert Birenbaum vient de publier, à l’âge de 97 ans, le livre 16 ans, résistant (Editions Stock), dans lequel il revient sur son engagement comme petit gradé dans les forces de Résistance françaises. Au micro de David Abiker sur Radio Classique, il se replonge dans ses souvenirs de cette période.
Robert Birenbaum voit son livre comme une sorte de passage du témoin de l’engagement à la nouvelle génération. « Il était temps d’expliquer aux jeunes que dans des situations si terribles, on peut faire quelque chose », explique-t-il. « Ce n’est pas parce que l’on est jeune qu’on doit se désintéresser ».
L’ancien résistant se souvient de la rafle du Vel d’Hiv, en juillet 1942, et d’avoir vu « défiler les autobus » dans le quartier du 19e arrondissement de Paris où ses parents tenaient un commerce, emportant des « bataillons » de personnes, parmi lesquelles plusieurs de ses amis. C’est cet événement qui déclenchera son engagement.
« Je ne crois pas que j’ai eu peur »
Introduit par sa tante Dora à la Résistance alors qu’il n’a que 16 ans, il s’enrôle dans le mouvement à l’insu de ses parents « apolitiques ». Le jeune homme, dont le visage si juvénile frappe, en couverture de son livre, commence alors « la résistance buissonnière ».
Au lieu de se rendre à l’école professionnelle, il participe avec d’autres camarades à des « lancers de tracts » et à d’autres actions « qui paraissent banales quand on les raconte mais qui valaient l’exécution capitale si on se faisait prendre ». Il se remémore avec admiration ses compagnons de lutte à peine plus âgés que lui et leur « désinvolture ». « Je ne crois pas que j’ai eu peur », raconte-t-il, « j’étais toujours tellement bien entouré ».
Le jeune Birenbaum monte « rapidement » en grade dans l’organisation, jusqu’à la Libération de Paris. Il se souvient y avoir « tiré un coup de feu » et raconte dans son livre ce dont il se rappelle, malgré quelques trous de mémoire. Le reste, « je suis incapable de le dire parce que c’était tellement fou », explique-t-il. « C’était crevant, je n’ai jamais dormi ».
Il avait failli rejoindre le « Groupe Manouchian »
Robert Birenbaum était présent le 21 février lors de la panthéonisation de Missak Manouchian avec son épouse Mélinée, résistant communiste du groupe FTP-MOI que Birenbaum devait rejoindre avant que ses membres ne soient arrêtés.
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« Emu » par la cérémonie, « une surprise énorme » qui l’a « fait pleurer », l’ancien résistant dit avoir été marqué par les mots d’Emmanuel Macron lui affirmant qu’il « rentrait avec eux » au Panthéon. « C’est la consécration suprême » et « une récompense extraordinaire », confie-t-il.
Son mot de la fin, Robert Birenbaum le réserve pour la jeunesse actuelle. « Il y a de la lutte partout », rappelle-t-il, avant d’ajouter avec espoir : « Quand on est jeune et qu’on est ensemble, on peut faire beaucoup de choses, on l’a prouvé ».
Ella Couet
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