JO de Paris : La presse russe considère la cérémonie d’ouverture comme « le symbole d’un Occident décadent »

Tsvangirayi Mukwazhi/AP/SIPA

La cérémonie d’ouverture des JO de Paris, si elle a été appréciée par 85% des Français, a suscité des polémiques, notamment autour du tableau « Festivités » et sa supposée Cène parodiée, ce qui a été démenti par le directeur artistique Thomas Jolly. Les Chinois, eux, ont adoré le Dionysos incarné par Philippe Katherine. En revanche, en Russie, la presse a vivement critiqué la mise en scène… et la pluie.

Le spécialiste de l’histoire du sport olympique Sylvain Dufraisse était l’invité de la matinale de Radio Classique ce mercredi. Maître de conférences à Nantes Université, il est revenu sur les critiques émises par la Russie. Le pays a été exclu de la compétition par le Comité International Olympique (CIO) en raison de la guerre en Ukraine, même si des athlètes russes concourent en ce moment sous une bannière neutre.

L’exclusion de la Russie par le CIO a été particulièrement mal digérée par Vladimir Poutine, qui avait fait du sport un instrument de propagande. Depuis les années 2010, le gouvernement russe a cherché à faire « revivre la grandeur soviétique« , souligne Sylvain Dufraisse, avec l’accueil de grands évènements sportifs : « les universiades, les championnats du monde, les Jeux olympiques d’hiver et la Coupe du monde de football ». Un investissement dans le sport qui est même allé jusqu’à « la mobilisation des services secrets pour soutenir le dopage des athlètes ». On peut donc voir dans cette mise à l’écart de Moscou une sorte de « retour de bâton » de cette forte politisation du sport international par le gouvernement russe.

Le CIO « à un moment » plutôt favorable à la Russie

D’autant que le Kremlin a mal joué, si on peut dire. L’historien du sport olympique rappelle que le CIO était « à un certain moment assez favorable et même proche des dirigeants russes ». Alors que s’est-il passé ? La Russie a multiplié les accusations visant le comité olympique, affirmant qu’il ne respectait pas sa propre charte et avait mis en place des discriminations ethniques. Ces allégations ont fini par éloigner le CIO, entraînant la colère des Russes.

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Une colère qui a alimenté les critiques vis-à-vis de ces jeux. « On retrouve un discours très anti-occidental dans la presse et par le biais des porte-paroles officiels » analyse Sylvain Dufraisse. La cérémonie d’ouverture est considérée « comme le symbole de l’Occident décadent ». De façon plus surprenante, la presse russe a aussi critiqué la pluie. « En Russie, on est habitué à arrêter la pluie avant les défilés militaires. La presse s’est aussi demandé pourquoi des auvents n’avaient pas été mis en place pour protéger les spectateurs et les musiciens ». 

Béatrice Mouedine

 

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