Les « Jeux Olympiques populaires » n’auront pas lieu : La tentative ratée des opposants aux JO de Berlin en 1936

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En 1936, alors que les Jeux Olympiques doivent se dérouler à Berlin sous le IIIe Reich d’Hitler, plusieurs comités se rassemblent pour réaliser des Jeux plus imposants destinés à éclipser ceux qui auront lieu sous la croix gammée.

En avril 1931, le Comité international olympique doit trancher entre plusieurs villes candidates pour l’Organisation des JO de 1936. Après les Jeux de 1932, qui ont eu lieu à Los Angeles, il convenait à présent de retraverser l’Atlantique pour organiser les prochaines Olympiades dans le vieux monde. Parmi les villes candidates, Budapest, Cologne, Francfort, Dublin, Lausanne, Rome, mais aussi deux propositions plus sérieuses : Berlin et Barcelone.

La ville espagnole semble être la favorite, puisqu’elle a accueilli l’Exposition universelle deux ans plus tôt et dispose de toutes les infrastructures nécessaires mais nouvelles à l’époque, notamment en matière de téléphonie et d’équipement hôtelier. Barcelone est d’autant plus assurée d’être la ville haute que la situation de la République de Weimar, en Allemagne, est loin d’être florissante, la récession y fait rage.

Mais un événement va tout bouleverser alors que le CIO est réuni en Espagne pour prendre sa décision : la Révolution espagnole éclate. Dans ces circonstances peu favorables, alors que socialistes et républicains entreprennent de chasser le roi Alphonse III du pays, le comité se prononce, à 43 voix contre 16, en faveur de Berlin.

Des jeux pour abattre une vision « bourgeoise » du sport

Après l’accession au pouvoir d’Hitler début 1933, certains sportifs décident cependant de ne pas se rendre dans l’Allemagne nazie pour prendre part à la compétition. Parmi eux, on compte notamment des personnalités connues pour leur engagement à gauche et des athlètes de confession juive qui n’ont pas du tout l’intention de se rendre dans un pays ouvertement et férocement antisémite.

Dans tous les pays d’Europe se créent des groupes de boycott des Jeux de 1936, réunis autour d’un slogan : « Pas un sou, pas un homme pour les JO de Berlin ». Deux comités sportifs majeurs, perçus comme progressistes, se liguent et parviennent à fédérer de nombreux sportifs face à un CIO considéré comme conservateur. Lorsqu’ils décident de créer des jeux concurrents, c’est logiquement vers Barcelone qu’ils se tournent.

Les organisateurs disent vouloir abattre la vision bourgeoise d’un sport qui ne regrouperait les athlètes que sous des bannières nationales et qui divisent les vrais travailleurs. Ils veulent diversifier les épreuves, inclure tout le monde. À côté des épreuves habituelles, natation, athlétisme, football, etc., on ajoute la pétanque, les échecs, la pelote basque. C’est ce qui est présenté comme le vrai universalisme et une partie des sportifs le proclament de plus en plus.

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A la mi-juillet 1936, les délégations officielles partent pour Berlin et les délégations officieuses pour Barcelone. C’est donc un très grand succès pour les organisateurs de ces « contre-jeux ». Sauf qu’un élément imprévu va venir tout bouleverser.

Franck Ferrand vous le raconte dans ce nouvel épisode : 

 

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