La dyslexie a récemment fait irruption sur la scène médiatique après que le ministre des Affaires étrangères Stéphane Séjourné se soit confié à la presse sur son expérience avec ce trouble, en réponse à des critiques concernant ses prises de parole. Marine Balansard et Quentin Bous publient à ce sujet un livre intitulé Les superpouvoirs des dyslexiques en entreprise (Eyrolles) et sont les invités de François Geffrier dans « Comment j’ai réussi ».
Type de neurodiversité largement répandu, la dyslexie désigne une altération spécifique et significative de la lecture, reconnue comme un handicap en France et par l’OMS. Pour Quentin Bous, co-auteur et lui-même dyslexique, il n’est « pas simple » de se dire dyslexique en travaillant en entreprise et cela conduirait les personnes concernées à recourir « tous les jours » à des stratagèmes. Le trouble se révèlerait cependant souvent à l’écrit.
Ce n »est cependant pas un trouble uniforme. « Il y a autant de dyslexiques que de dyslexies », explique Marine Balansard. « Chacun a son propre cocktail. » Un cocktail qui inclut parfois d’autres troubles « dys- », comme la dysorthographie.
Steve Jobs et Richard Branson étaient dyslexiques
Mais le trouble s’accompagnerait également de « talents supplémentaires » comme la créativité ou la capacité à avoir une « vision globale sur un projet », estime Quentin Bous. Celles-ci pourraient être « nécessaires pour l’économie de demain » et feraient des personnes dyslexiques des « profils qu’il faudra avoir dans ses organisations », juge-t-il.
Plusieurs milliardaires et chefs d’entreprises, comme le fondateur de Virgin Richard Branson ou celui d’Apple Steve Jobs, auraient été diagnostiqués, et le premier aurait même attribué sa réussite à son trouble, ne manque pas de souligner Marine Balansard, comme pour prouver son propos.
Un tabou français
Dans leur livre, les auteurs s’intéressent également à certaines organisations qui cibleraient spécifiquement les personnes dyslexiques dans leurs processus de recrutement. Ce serait le cas chez Orange, ou dans les services secrets britanniques où « 30 à 40% » du personnel le serait. Peut-être, alors, que « James Bond est dyslexique », s’amuse Marine Balansard. « Si le Royaume-Uni confie sa surveillance à des personnes dyslexiques, j’appelle chaque manager à se demander qui l’est au sein de ses équipes et à valoriser leurs super-compétences », ajoute-t-elle.
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Si de plus en plus de personnes valoriseraient leur dyslexie comme une compétence sur LinkedIn, notamment aux Etats-Unis ou en Angleterre, « il y a plus un tabou en France », considère cependant Quentin Bous. Dans un pays où l’on considère souvent que « ce qui se conçoit bien s’énonce clairement », « il y a un lien qu’il faut couper entre ‘je bute sur des mots’ et ‘je ne suis pas compétent’ », conclut sa co-autrice.
Ella Couet
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