Assurance : « Il faut changer la façon dont on gère les risques », affirme Thomas Buberl, DG du groupe AXA

Crédit : ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Comment empêcher l’assurance de devenir un bien de luxe avec l’augmentation des risques ? C’est l’objectif de Thomas Buberl, directeur général et administrateur du groupe AXA. Invité de la matinale, il est reçu par le Medef pour parler du thème de l’assurance inclusive.

Effondrement d’un glacier en Suisse, tremblement de terre en Grèce, tornades en France : les catastrophes climatiques s’enchaînent depuis plusieurs semaines. D’après une enquête de Vie Publique, environ six Français sur dix résideraient dans une commune exposée à un risque naturel : « Chaque jour, on a des surprises et on doit maintenant s’habituer à les gérer car ça ne va pas s’arrêter. Il faut mieux prévoir et plus réfléchir à comment se protéger en pensant à demain et comment augmenter notre résilience contre ces dangers. » selon Thomas Buberl.

Pour être prêt à assurer tout type de risques, le directeur général veut modifier le système : « Dans le passé, on a toujours focalisé notre métier sur le remboursement des sinistres. Aujourd’hui, il faut investir dans la prévention. Accompagner les clients pour éviter que le prochain sinistre se produise, c’est vers là que se tourne l’avenir de notre métier. »

Mieux s’éduquer pour mieux s’assurer

Les risques augmentent, mais pas les moyens de s’en protéger. D’après une enquête menée par AXA, 70 % de la population des pays émergents ne sont pas ou mal assurés et n’ont pas un accès égal aux produits et services d’assurance. Et quand ils y ont accès, ils ne sont pas toujours adaptés à leurs besoins.

Le directeur général du groupe AXA insiste sur l’importance de s’informer sur nos droits : « Pour prévenir, il faut pouvoir éduquer les concitoyens à ces nouveaux risques. Il ne faut pas rendre leurs vies horribles, mais les rendre conscients des grands dangers des maladies et de catastrophe naturelle. » D’après Thomas Buberl, une augmentation des risques ne serait pas forcément synonyme d’augmentation des prix.

Pour lui, l’assurance ne deviendra pas un produit rare et de luxe : « Le système de l’assurance est basé sur la cohésion sociale. Assurer quelques-uns et pas la majorité fait que le mécanisme de l’assurance ne fonctionne plus. Par exemple, dans un village de dix personnes, si une personne tombe malade, les neuf autres vont l’aider. Mais s’il ne reste plus qu’une seule personne, c’est difficile. »

L’assurance pour tous

« On souffre d’une fracture sociale énorme dans notre pays, mais aussi ailleurs », assure le directeur général du groupe AXA. C’est pourquoi il a décidé de réagir dans son domaine : « On s’est dit qu’on ne peut pas attendre l’État pour résoudre ce problème, il faut qu’on contribue, nous, en tant qu’acteurs responsables. On a décidé de lancer une nouvelle palette de produits pour les Français qui ne peuvent pas s’assurer. »

Lancée il y a un an, l’assurance inclusive vise à répondre à cet important déficit. Il interpelle sur la résolution des problèmes sociaux en France : « Il ne faut pas toujours se dire que c’est l’État qui va tout résoudre. Nous sommes tous des acteurs responsables, les entreprises, les individus, on doit contribuer plus. Et cela ne veut pas dire prendre toujours la voie de la loi pour autant, car il y a plein d’autres pouvoirs réglementaires que l’on peut emprunter. »

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Alessandra Wyak

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