Guillaume Gallienne fait découvrir son panthéon familial dans son nouveau livre Le Buveur de brume, dans la collection Ma nuit au musée (éditions Stock). Le réalisateur et comédien, sociétaire de la Comédie-Française y évoque la transmission avec humour. Invité de la matinale de Radio Classique, il revient sur la création de ce livre et se confie sur son éducation, marquée par la sévérité.
Les écrivains s’adonnent à un nouvel exercice d’écriture avec Ma nuit au musée. Guillaume Gallienne signe le 23ᵉ livre de cette collection avec Le Buveur de brume. Chaque auteur est invité à passer une nuit dans un musée de son choix pour en tirer un récit personnel.
Pour le comédien, cette nuit fut l’occasion de renouer avec ses racines géorgiennes : « quand j’ai été décoré de l’ordre du mérite géorgien par la présidente Salomé Zourabichvili à Tbilissi, je lui ai dit que cette décoration m’honorait et m’obligeait ! Alors, quand il fallut choisir un musée, je me suis tourné vers le Musée National de Tbilissi en Géorgie, là où se trouve le portrait de mon arrière-grand-mère ! »
Mais en arrivant sur place, surprise : le tableau a été déplacé à la Galerie Nationale. Un contretemps qui deviendra le point de départ de sa réflexion sur la transmission, le passé familial et le poids de l’héritage.
Une histoire de transmission
« C’est un livre que je dédie à mon fils ! » explique Guillaume Gallienne. Dans un récit teinté de tendresse et d’ironie, il revient sur sa « mythologie familiale » à travers les figures féminines qui ont marqué sa vie.
Plus qu’un hommage, c’est une forme de thérapie littéraire : « Il y a des atavismes qu’on n’aimerait pas garder, mais on n’a pas forcément le choix. Moi, c’est la colère. J’ai essayé de lutter, mais elle est là, dans mon ADN. » Son objectif ? Transmettre sans imposer. « Je veux lui dire qu’il n’est pas obligé d’être archiviste comme moi. Il n’a pas besoin de se trimballer tous ces fantômes. Je les lui compile dans ce livre, et s’il a envie de les consulter, il peut. »
Une éducation à l’ancienne
Guillaume Gallienne revient sans détour sur une enfance marquée par une éducation rigide, presque d’un autre siècle : « J’ai été élevé comme un enfant du 19ᵉ siècle, ce n’était pas loin de Bétharram. C’était ce qui se faisait dans mon milieu, la grande bourgeoisie, on envoyait ses enfants en pension parce que ça les endurcit. »
Plus de 200 anciens élèves de l’institution Notre-Dame de Bétharram ont porté plainte, dénonçant des châtiments corporels scolaires et des abus sexuels subis à l’institution Notre-Dame de Bétharram. Sans s’étendre, le comédien évoque à demi-mot un contexte similaire dans la pension catholique qu’il a fréquentée : « J’ai eu affaire à des prêtres qui n’étaient pas très généreux. »
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Cette période marquante de sa jeunesse le pousse plus tard à se convertir à la foi orthodoxe : « j’ai décidé de me convertir car cette façon d’exercer la foi me convenait mieux. Je ne la sentais pas comme quelque chose de punitif. Et surtout, la confession orthodoxe est différente, on est debout face à face avec un homme qui est forcément marié, soit à l’église – auquel cas il est moine – soit à une femme. »
Alessandra Wyak
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