La rentrée politique reprendra la semaine prochaine, puisque Emmanuel Macron s’apprête à consulter l’ensemble des partis et des groupes parlementaires. Voici les principaux enjeux de cette page blanche politique où tout est à écrire.
Chaque été, on nous explique que la rentrée sera chaude pour le gouvernement, que des dossiers brûlants l’attendent… Mais cette fois-ci, c’est encore plus spécial puisqu’il n’y a pas de gouvernement, juste des ministres démissionnaires qui attendent d’être remplacés.
Le premier enjeu, c’est donc logiquement la nomination d’un premier ministre. C’est dans cette optique qu’Emmanuel Macron souhaite consulter l’ensemble des forces politiques, sans doute en fin de semaine prochaine, ce qui confirme qu’il n’est toujours pas pressé. L’Elysée a pris contact avec les responsables de l’ensemble des partis politiques et des groupes parlementaires, y compris le Rassemblement national et La France insoumise.
Bernard Cazeneuve comme premier ministre ?
Officiellement, l’objectif est de les interroger sur leurs propositions et voir ce qu’il en ressort. Mais évidemment, des noms circulent déjà pour Matignon, et l’un d’entre eux revenait beaucoup chez les macronistes ces derniers jours, celui de Bernard Cazeneuve, qui fut brièvement premier ministre de François Hollande. Il aurait l’avantage de contenter une partie de la gauche sans révulser la droite.
Mais un premier ministre ne pourra pas faire grand-chose sans coalition derrière lui, c’est le deuxième enjeu de cette rentrée… Emmanuel Macron, qui n’a plus de majorité absolue ni relative à l’Assemblée, ne cesse d’appeler à des compromis entre plusieurs partis pour gouverner. C’est une manière de garder un peu de pouvoir, puisque ses troupes feraient partie de la coalition qu’il imagine. Dans l’idéal, il aimerait y agréger la droite traditionnelle et pourquoi pas une partie de la gauche, mais à ce stade le Nouveau front populaire reste uni derrière sa prétendante à Matignon, Lucie Castets. Ce qui est certain, c’est que même en faisant ces additions, personne n’imagine une majorité absolue derrière cette hypothétique coalition. Cela signifie que l’on se dirige vers un gouvernement fragile, seulement capable de présenter quelques textes pas trop clivants.
Plusieurs réformes en cours tuées dans l’oeuf
Le troisième enjeu, le plus important, est celui du programme qui attend les Français. Derrière les débats de casting, il y a surtout celui du fond. En prononçant la dissolution de l’Assemblée, Emmanuel Macron a plongé les Français dans l’inconnu : personne ne sait de quoi sera faite la fin de son deuxième quinquennat. Des réformes en cours, comme le projet de loi sur la fin de vie autorisant le suicide assisté, ont été tuées dans l’œuf.
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Alors que le président est affaibli, c’est désormais le Parlement qui a la main, c’est de là que devront émerger les pistes d’un futur programme forcément brinquebalant. Sachant que le premier crash-test sera le budget, qui doit être sur la table de l’Assemblée le 1er octobre au plus tard. En fait, cette rentrée ressemble à une page blanche politique, où tout est à écrire. C’est ce qui la rend si étrange.
Louis Hausalter
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