Emmanuel Macron a fini par acter sa défaite hier lors d’une interview au journal de 20h de France 2. Le politologue Martial Foucault était ce matin sur Radio Classique pour livrer sa vision de cette prise de parole à l’avant-veille de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris.
« La majorité sortante a perdu cette élection » a déclaré hier soir le chef de l’Etat. Jamais il n’avait été aussi direct depuis les résultats du 2nd tour des législatives le 7 juillet. « Le président a rappelé que la séquence politique que nous vivons était celle d’un choix de dissolution qui s’est marqué par une défaite, un terme qui n’avait pas été employé publiquement par Emmanuel Macron », souligne Martial Foucault.
Lors de cette interview télévisée, il a adopté la posture d’un président de la République se plaçant au-dessus du pouvoir législatif, poursuit le politologue : « il a beaucoup insisté sur sa volonté de voir les responsables politiques des partis définir un accord de gouvernement ». Car le plus inquiétant pour Emmanuel Macron serait de voir émerger à l’Assemblée nationale « une majorité de députés capables de voter des lois portées par le Premier ministre et le gouvernement ». Un scénario dans lequel son rôle serait fortement amoindri.
Un retour à la case départ pour Emmanuel Macron ?
Emmanuel Macron n’a aujourd’hui aucune garantie de rester réellement aux manettes, malgré le maintien de Yaël Braun-Pivet au perchoir de l’Assemblée nationale. « Rien ne dit que cette alliance du centre et de la droite sera toujours aussi forte dans 3 ans et pourra lui éviter [une motion] de censure », analyse Martial Foucault. Dans cette perspective, le gouvernement tomberait et Emmanuel Macron, contraint de devoir trouver une nouvelle équipe gouvernementale reviendrait « à la case départ ».
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Peut-on pour autant dire que le président n’a plus les cartes en main ? « Pas tout à fait », répond le politologue, qui rappelle que la Constitution lui donne un rôle « considérable » : choisir le Premier ministre et participer à l’élaboration et la formation du gouvernement. S’il a perdu une chose, c’est d’apporter de la clarification à la situation politique, dans laquelle aucune majorité ne se détache, estime-t-il.
Béatrice Mouedine
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