Y aura-t-il des grèves à l’automne ? L’expert social Bernard Vivier, directeur de l’Institut Supérieur du Travail était l’invité de Charles Bonnaire dans les Voix de l’économie, ce jeudi 4 juillet. En cette période d’incertitude politique, il prévoit une fin d’année mouvementée sur le front social.
La pression monte à l’approche du second tour des législatives anticipées. Le résultat conditionnera le climat social en France, analyse Bernard Vivier. « L’inquiétude sociale continue à grandir. L’instabilité politique manifeste que nous vivons, mais aussi les incertitudes économiques, nous annoncent un automne social particulièrement difficile ».
L’hypothèse principale qui règne aujourd’hui est celle d’une arrivée en tête du RN, mais avec une majorité relative à l’Assemblée, au regard des 200 désistements dans les circonscriptions pour faire barrage à l’extrême droite. Un scénario qui pourrait apporter une forme de soulagement aux syndicats : « Les organisations syndicales vont se dire qu’elles ont échappé au pire, c’est une certitude ».
Les salariés se détachent de plus en plus des grands syndicats
Bernard Vivier estime toutefois qu’elles resteront très préoccupées par le programme d’un gouvernement dont on ne connaît pas encore le Premier ministre. Il rappelle que Raymond Barre, « qui n’était pas du tout une personnalité politique », avait été désigné en 1979 pour restructurer la France sur le plan économique. « On était allé cherché, disait-on à l’époque, le meilleur économiste de France ».
Aujourd’hui les syndicats sont dans l’attente, et doivent gérer en parallèle les préoccupations de leur base et des salariés. Des salariés qui se détachent de plus en plus des grandes organisations syndicales, « une tendance qui se renforce », selon l’invité des Voix de l’économie.
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Le phénomène a de quoi préoccuper les syndicats : « Nous voyons se développer des mouvements catégoriels caractéristiques, les contrôleurs de la SNCF en décembre 2022, en février 2024, et nous voyons se constituer des groupes en dehors des organisations syndicales. Ce n’est pas bon ». Il plaide pour que les organisations soient plus à l’écoute des électeurs que de leurs alliances.
Béatrice Mouedine
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