Si l’annonce n’est pas surprenante, le moment choisi peut faire tiquer : l’ancien Premier ministre et maire du Havre Edouard Philippe a dévoilé sa candidature à la présidence de la République, en pleine crise politique. Une décision qui laisse l’éditorialiste Ruth Elkrief dubitative.
Alors que la France vit depuis 50 jours avec un gouvernement démissionnaire, Edouard Philippe sort de son silence pour annoncer sa candidature à la présidentielle. Personne n’est réellement surpris : les cartes postales de l’ex Premier ministre laissaient présager ce scénario. Toutefois le timing surprend en pleine recherche, non pas d’un président mais d’un chef de gouvernement.
Pour Ruth Elkrief, Edouard Philippe veut rappeler aux Français qu’il existe, alors que le pays traverse une crise politique. « C’est une façon assez peu élégante, assez agressive par rapport au président de dire que c’est bientôt fini et qu’on envisage la suite ».
Du temps pour préparer son projet ?
Quelques minutes plus tôt, l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, invité de David Abiker a quant à lui plutôt salué cette candidature que certains jugent précoce, estimant qu’Edouard Philippe se donne le temps de préparer son projet.
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Un avis que ne partage pas Ruth Elkrief, qui explique qu’Edouard Philippe veut se poser en recours possible. « Ce qui se prépare là, ce n’est pas 2027, c’est une élection présidentielle anticipée. On se souvient de Georges Pompidou qui avait annoncé sa candidature en janvier 1969. 3 mois plus tard, le général de Gaulle avait démissionné ! ».
Béatrice Mouedine
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