Matignon : Quels sont les derniers noms qui circulent ?

Chang Martin/SIPA

A deux jours du début des consultations menées par Emmanuel Macron en vue de la nomination d’un Premier ministre, on peine à voir un scénario crédible se dégager pour Matignon même si plusieurs options sont sur la table. 

Le président est à la recherche du mouton à cinq pattes et on a du mal à voir en quoi la séance de thérapie collective avec les oppositions va l’aider dans sa quête. Ce n’est pas la première fois que l’exécutif rassemble les partis pour tenter d’élargir la majorité : missionnés par Emmanuel Macron, Elisabeth Borne et Gabriel Attal s’y sont tous deux cassés les dents.

Cette fois, c’est donc le président qui s’y colle et autant dire que les oppositions ne comptent pas lui faire de cadeau: elles le tiennent – à raison – responsable du blocage politique total consécutif à la dissolution et n’entendent pas embarquer dans le Titanic gouvernemental, où les violonistes ont déjà cessé de jouer. Le RN et LFI ont les yeux rivés sur la prochaine présidentielle, et le PS et LR hésitent entre se préserver pour 2027 et assumer leur position historique de parti de gouvernement en jouant le jeu de la cohabitation.

Bernard Cazeneuve ou Xavier Bertrand ?

Dressons tout de même les options qui s’offrent au président, puisqu’il devra bien faire un choix. La plus évidente est le choix d’un premier ministre politique. Les noms de Bernard Cazeneuve et Xavier Bertrand notamment ont circulé ces dernières semaines. Ces scénarios ont pour mérite de dessiner un cap politique – vers la gauche ou la droite – et un objectif, celui d’élargir le socle d’un bloc central largement affaibli.

Autre avantage : ces personnalités expérimentées sont rompues à l’art de la négociation et de la manœuvre politique et ont le cuir suffisamment épais pour faire face à un hémicycle chauffé à blanc et divisé en 11 groupe, une situation inédite sous la Ve République. On rappelle le cahier des charges fixé pour le prochain Premier ministre : il s’agit de trouver une personnalité qui, sans dégager une majorité absolue, ce qui est un horizon désormais inaccessible, ne voie pas de majorité de dresser contre lui, c’est-à-dire qui puisse faire passer des textes sans être renversé par une motion de censure. Rien ne dit que des profils comme Bernard Cazeneuve ou Xavier Bertrand, tous les deux en rupture de ban avec leur famille politique, puissent apporter ces garanties.

Une personnalité issue de la société civile, comme Jean-Dominique Sénard, patron de Renault

L’autre option est celle d’une personnalité dite de la société civile : un haut fonctionnaire ou un grand patron par exemple. Là aussi plusieurs noms ont émergé, comme celui du dirigeant de Renault Group Jean-Dominique Sénard ou du gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau. Il pourraient prendre la tête d’un gouvernement technique, à la manière de l’ancien commissaire européen Mario Monti, qui avait sorti l’Italie de la crise financière et d’une impasse politique totale en 2011.

Sur le papier, le scénario d’un chef de gouvernement neutre, qui aurait aussi le mérite aux yeux d’Emmanuel Macron de ne pas lui faire d’ombre sur le plan politique, comporte bien des avantages. Mais quel message enverrait-on aux Français, qui se sont massivement mobilisés lors des législatives, pour faire des choix politiques et adresser des messages à Emmanuel Macron sur le besoin de sécurité, la maîtrise de l’immigration, la sauvegarde des services publics, la simplification du pays. Ils méritent un gouvernement d’action et pas une équipe de technos super-administrateurs.

Jim Jarassé

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