Législatives 2024 : « Nous constatons la fin du PS et des LR » selon le politologue Dominique Reynié

ISA HARSIN/SIPA

Une première partie du suspense a été levée ce dimanche soir, après le 1er tour des législatives anticipées. Le Rassemblement national est arrivé largement en tête devant le Nouveau Front Populaire, et une constellation de triangulaires s’annonce pour le 2ème tour le 7 juillet. Le paysage politique de notre pays a complètement explosé, comme le décrit le politologue Dominique Reynié, invité de la matinale de Radio Classique ce 1er juillet. 

C’est un tableau bien sombre qu’a brossé le directeur général du Think Tank « Fondation pour l’innovation politique » Fondapol. Dominique Reynié a d’abord analysé cette forte participation (66,71 %). S’il est « de bon ton de louer » un tel taux, c’est surtout, selon lui, le signe d’une « montée des passions, une forme de rage politique » qui a conduit les électeurs qui ne votaient plus à se rendre de nouveau aux urnes. 

Jusque là, avec une participation beaucoup plus faible – en 2022, seulement un tiers des électeurs français ont voté aux quatre tours des scrutins – la France vivait une forme de désintérêt pour la politique. « Cela a des inconvénients et aussi des avantages », décrit le politologue, pointant « une forme de modération, de normalisation des clivages politiques ».

« Nous allons sortir de ces élections plus divisés que nous y sommes entrés »

Aujourd’hui c’est tout le contraire : « Nous sommes dans une montée en tension très impressionnante, dont la forte participation est une expression ». Il décrit une sorte de polarisation presque accomplie entre entre le Nouveau Front Populaire « largement dominé politiquement et médiatiquement par la France Insoumise », et de l’autre côté le Rassemblement national et ses alliés, « dominé par Jordan Bardella et Marine Le Pen ».

Malheureusement, constate Dominique Reynié, ces législatives « ne vont pas accomplir la tâche confiées aux élections, c’est-à-dire résoudre les tensions et les conflits, marquer la fin d’un cycle de confrontations et de clivages pour aller vers une période plus apaisée ». « Nous allons sortir de ces élections plus divisés que nous y sommes entrés avec le sentiment qu’il n’y a plus de solution ». Très pessimiste, l’invité de David Abiker estime que ce sentiment va être très présent chez les Français.

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Autre élément frappant de ces élections, le changement profond du paysage politique : « on peut vraiment constater la fin du PS et des LR ». Il rappelle que l’effondrement de ces partis avaient permis l’élection d’Emmanuel Macron en 2017. Aujourd’hui non seulement ils n’ont pas été reconstruits, mais ils achèvent de disparaître, décrit Dominique Reynié. Nous assistons selon lui à un « vrai délitement de notre système politique », une démocratie qui n’est « plus capable de réguler les conflits ».

Béatrice Mouedine

 

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