PAVAROTTI Luciano – biographie

(1935-2007) Ténor

Un timbre solaire et unique, telle était la voix de Luciano Pavarotti, l’un des plus grands ténors de tous les temps. En un peu plus de trente ans de carrière, de l’intimité des salles de concert au gigantisme des stades, Pavarotti a marqué l’histoire de l’opéra et a mis le lyrique à la portée du plus grand nombre.

 

Pavarotti en 10 dates :

  • 1935 : Naissance le 12 octobre à Modène
  • 1954 : Audition auprès du grand ténor Arrigo Pola, qui le prend comme élève
  • 1961 : Débuts professionnels dans le rôle de Rodolfo de La Bohème à Reggio Emilia
  • 1963 : Remplace le ténor Di Stefano dans La Bohème
  • 1965 : Débuts américains à Miami
  • 1972 : Triomphe au Met avec L’Elixir d’Amour  (17 rappels sur scène)
  • 1990 : Premier concert des Trois Ténors à Rome
  • 1992 : Premier concert caritatif Pavarotti and Friends
  • 2004 : Adieu à la scène au Met dans Tosca
  • 2007 : Décès le 6 septembre à Modène

 

Luciano Pavarotti découvre l’opéra auprès de son père, lui-même ténor

Pavarotti fait partie de ces chanteurs dont la voix est immédiatement reconnaissable. Son timbre, d’une insolente aisance, est même unique, faite de soleil, de lumière et de chaleur. Pavarotti est né dans une famille modeste à Modène, le 12 octobre 1935. Son père est boulanger et sa mère ouvrière dans une usine de cigare, dans laquelle travaille d’ailleurs également la mère d’une petite fille née elle aussi à Modène : Mirella Freni. Née cette même année 1935, elle se fera également un nom au firmament de l’opéra. Les deux enfants sont confiés à la même nourrice et deviennent ainsi frère et sœur de lait.

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Fernando, le père de Luciano, est un ténor amateur, membre de la chorale locale dans laquelle son fils fera ses débuts. Il lui fait partager sa passion pour l’opéra, et lui fait découvrir les plus grands ténors de l’époque, tout particulièrement Giuseppe di Sefano. Luciano, qui rêve par ailleurs d’une carrière de footballeur que lui aurait permis sa stature athlétique, apprend le chant de manière instinctive, comme son père l’avait fait auparavant. À la fin de sa carrière il expliquera son rapport à la musique : « La partition est une chose, le chant en est une autre. Ce qu’il faut, c’est avoir la musique en tête et la chanter avec le corps ».

 

Le ténor star a patiemment et prudemment construit sa carrière

À la sortie du lycée, Luciano renonce à ses ambitions footballistiques, et se lance dans l’enseignement. Il obtient un poste d’instituteur, qu’il conservera près de deux ans. Mais sa passion pour l’opéra sera la plus forte. Le premier pas est franchi en 1954 lorsque son père obtient pour lui une audition auprès du grand ténor Arrigo Pola, né lui aussi près de Modène. Il ne faudra qu’une quinzaine de minutes à Pola pour être convaincu du potentiel du jeune homme, et lui proposer de lui donner des cours… gratuitement. Il va notamment lui apprendre le souffle et la diction, qui seront parmi les grands atouts de Pavarotti. Le jeune homme suit patiemment sa formation, tout en enseignant pour gagner sa vie.

L’année 1961 marquera les débuts professionnels de Pavarotti. Tout commence en janvier, lorsqu’il remporte à l’unanimité le Premier Prix du Concours International de chant Achille Peri, du nom d’un compositeur et chef d’orchestre italien du XIXe. Puis en avril il fait ses débuts au Théâtre municipal de la ville de Reggio Emilia, dans ce qui deviendra l’un de ses rôles fétiches, celui de Rodolfo dans La Bohème de Puccini.

 

Une heure d’applaudissements à Berlin à l’issue de L’Elixir d’Amour 

Rapidement, il inscrit deux rôles verdiens à son répertoire, qui eux aussi seront emblématiques de son art : le Duc de Mantoue dans Rigoletto, et Alfredo dans La Traviata. En 1963 il fait un triomphe en remplaçant au pied levé Giuseppe di Stefano au Covent Garden de Londres. Pavarotti n’a que 28 ans, et sa carrière est déjà lancée. Tous les rêves lui sont permis.

Ce remplacement lui vaut également d’être remarqué par le chef Richard Bonynge et sa femme, la soprano Joan Sutherland. C’est avec celle qu’on surnomme la Stupenda, qu’il fait ses débuts américains à Miami en 1965 dans le rôle d’Edgardo de Lucia di Lammermoor de Donizetti. La même année, il chante pour la première fois à la Scala de Milan dans La Bohème aux côtés de Mirella Freni, sous la direction d’Herbert von Karajan. L’année suivante, dans cette même salle il connaît un nouveau succès avec le rôle de Tebaldo dans Les Capulets et les Montaigus de Bellini.

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Parmi les grandes dates de la carrière de Pavarotti, il faut retenir ce triomphe un soir de février dans La Fille du Régiment de Donizetti. Le célèbre air de Tonio « Ah ! Mes amis quel jour de fête » comporte neuf contre-uts, que le ténor semble tous émettre sans la moindre difficulté ! Triomphe qui se traduira par dix-sept rappels sur scène ! C’est aussi à cette époque que Pavarotti fait évoluer son répertoire. Au bel canto, il ajoute des rôles plus larges de Verdi, notamment Riccardo dans Un Bal masqué, Radamès dans Aïda, et Rodolfo dans Luisa Miller.

Pavarotti chantera aussi Canio dans Pagliacci de Leoncavallo, et dans les années 90 le rôle-titre d’Otello de Verdi. La liste serait incomplète sans Nemorino de L’Elixir d’Amour de Donizetti, dans lequel il a notamment triomphé à l’Opéra de Berlin, avec une heure d’applaudissements, et bien sûr celui de Calaf dans Turandot de Puccini.

 

« Nessun dorma » extrait de Turandot de Puccini 

 

Pavarotti a réussi à mettre l’opéra à la portée du plus grand nombre

« Nessun Dorma » restera d’ailleurs certainement l’air auquel le grand public l’identifiera à jamais. Il en fait même un tube, l’air étant retenu pour la Coupe du Monde de football de 1990 qui a lieu en Italie. C’est à l’occasion de cette Coupe du Monde, que se réunissent pour la première fois Les Trois Ténors, le 7 juillet aux thermes de Caracalla. Avec Placido Domingo et José Carreras, ce trio va triompher à travers le monde, dans de grands shows réunissant les plus grands airs du répertoire. Deux ans plus tard, en 1992 il donne son premier concert caritatif Pavarotti and Friends. Céline Dion, Maria Carey, George Michael, Sting, Bono, Elton John, pour ne citer qu’eux, vont partager la scène avec Pavarotti, qui enregistrera par ailleurs le titre Miss Sarajevo avec U2 et Brian Eno. Parallèlement il continue à chanter à l’opéra, et fait ses adieux à la scène en 2004 au Met dans le rôle de Cavaradossi dans Tosca de Puccini.

Pavarotti a également donné quelques masters classes, et créé en 1982 un concours international qui porte son nom, qu’un autre ténor à la voix solaire a remporté en 1988 : Robert Alagna. Pavarotti meurt dans la nuit du 5 au 6 septembre 2007 d’un cancer du pancréas. Au-delà de son immense talent et de sa voix fabuleuse, il restera un chanteur d’opéra d’une popularité unique.

 

Jean-Michel Dhuez

 

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