Vin de Bordeaux : la cuvée 2019 sera-t-elle un grand cru ?

A Bordeaux, la vie reprend son cours et la période des primeurs commence enfin. Particuliers et négociants vont pouvoir commander à l’avance des bouteilles de vin de la cuvée 2019, avec des économies à la clé. Même s’il devrait s’agir d’un grand cru, les prix pourraient sérieusement baisser.

 

Pas encore mis en bouteille, les vins des Châteaux Palmer, Trottevieille ou encore Batailley sont déjà disponibles à la vente

Avec le Covid, la campagne des primeurs a pris un peu de retard, mais on y est. Les premiers grands noms du Bordelais ont commencé à mettre en vente une partie de la récolte 2019 et dans les jours qui viennent, la liste va s’allonger. A partir d’aujourd’hui, on va pouvoir profiter de la mise en marché du Palmer, un excellent Margaux. On aura demain le Trottevieille, un Pomerol ou un Batailley, en Pauillac.

 

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Les primeurs vous connaissez le principe : on achète aujourd’hui et on est livré début 2022. Les particuliers vont acheter quelques caisses, mais le gros du marché est fait par les négociants de Bordeaux. Pour les quelques 250 ou 300 grands noms de la région, l’avantage de ce système est double. Ils vendent aujourd’hui à des négociants un vin qui n’est pas encore prêt à être commercialisé.

 

 

On parle d’une récolte 2019 qui n’est pas encore en bouteille. Cela permet de faire rentrer du cash dès aujourd’hui dans les caisses de cette aristocratie de la vigne, qui en plus peut s’appuyer sur des négociants qui ne font pas qu’une avance de trésorerie. Derrière, ils vont s’occuper de vendre et de distribuer le vin qu’ils ont acheté.

 

La crise à Hong-Kong, le coronavirus et les taxes imposées par Donald Trump sur les vins français devraient faire chuter les prix

Les grands vignerons s’occupent de la vigne et de la faire connaître. Les négociants qui prennent le risque d’acheter dès maintenant s’occupent du reste. Et pour les particuliers que nous sommes, l’intérêt des ventes en primeurs est double. On peut acheter des vins qui seront souvent très durs à trouver d’ici quelques années. On sécurise le stock. En achetant dès maintenant, on fait aussi potentiellement une bonne affaire. Sur un marché inflationniste, on achète avant que les prix flambent.

 

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Il y a une bonne nouvelle : a priori, toutes les conditions ont été réunies pour que la cuvée 2019 soit excellente. Les rois du grand cru nous le disent tous les ans, a priori cette année c’est vrai. Il va falloir consommer avec modération, faire des stocks. Mais c’est un peu la seule bonne nouvelle. La vérité est que depuis des années, les prix ont trop flambé. Bordeaux s’est un peu cru tout permis en pensant qu’il y aurait toujours des Chinois ou des Américains pour payer plus cher.

 

 

Mais aujourd’hui, pas de chance, on a le Covid, la crise à Hong Kong, le Brexit, Trump qui a imposé des taxes contre le vin européen, une Chine qui est économiquement fragilisée… Quand le marché est porteur, le rapport de force est en faveur des châteaux qui imposent des hausses de prix. Cette année, ce sont un peu plus les négociants qui tiennent le manche. Les prix devraient baisser. Il va falloir en profiter.

 

David Barroux