Que penser du plan de soutien au secteur automobile présenté par Emmanuel Macron ?

Le plan de soutien à l’automobile a été présenté hier. Il prévoit notamment un prêt garanti par l’Etat de 5 milliards d’euros à Renault. Les primes à la casse devraient soutenir la demande à court terme, mais elles devront s’accompagner de mesures structurelles pour relancer la production de voitures en France.

 

Il n’y aura pas de prime pour l’achat d’une Tesla électrique

Le plan a deux facettes. Il y a d’un côté des mesures pour la filière, pour soutenir le tissu industriel et favoriser l’investissement. Il y a surtout le prêt garanti à 5 milliards de Renault, qui sera sauf catastrophe remboursé. Mais l’autre côté, qui va concerner plus directement les Français, c’est le plan de relance de la consommation qui passe par des primes à l’achat. Il faut retenir deux choses. La première, c’est que c’est un plan spécialement conçu pour favoriser l’accélération de l’électrification du parc auto.

 

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La deuxième, c’est que le gouvernement n’a pas voulu oublier complétement la France qui roule au diesel ou avec des voitures d’occasion. Il y aura des aides pour tous les véhicules mais certains, les moins polluants, seront les plus aidés. Les primes dépendront aussi des revenus : elles ne vont pas aider du tout les ménages aisés qui rêvent d’une grosse Tesla.

 

 

Pourquoi lancer maintenant un tel plan ? Parce que les parkings des concessions et des usines débordent de centaines de milliers de voitures qui ont été produites et pas encore vendues. Il y en a pour dix milliards d’euros de stock et il faut réamorcer la pompe en stimulant la demande via des aides financières.

 

 

La France doit réduire drastiquement les impôts de production pour relocaliser ses usines de production automobile

Il faut le faire le plus vite possible, parce que les consommateurs savaient que la prime à la casse allait être présentée et tant qu’elle ne l’était pas, on allait nourrir une forme d’attentisme. On aurait retardé la reprise. Comme l’auto est une de nos industries majeures, c’est un risque qu’on ne pouvait pas prendre. Si ce plan ne peut pas faire trop de mal, je suis néanmoins très partagé. Déjà, parce que cela crée un effet d’aubaine.

 

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Certains vont acheter avec un rabais la voiture qu’ils avaient déjà prévue d’acheter. Et les voitures qu’on achète aujourd’hui, on les achètera pas demain. Cela peut peser à terme sur la demande. L’autre problème réside dans le fait que de pareilles aides profitent à tous les constructeurs ; pas seulement aux modèles made in France. Cela risque de creuser notre balance commerciale. Enfin, c’est un plan conjoncturel, alors que si on veut vraiment aider notre industrie auto, il faut un plan structurel.

 

 

Si on veut des relocalisations, il faut que l’usine France gagne en compétitivité. On a commencé sur les baisses de charges. Aujourd’hui, il faut réduire drastiquement les impôts de production qui pèsent sur les entreprises, avant même qu’elles ne dégagent le moindre bénéfice. C’est  le vrai boulet qui tire notre auto vers le bas, en période de Covid ou pas.

 

David Barroux