Coronavirus : 80% des espaces de coworking pourraient mettre la clé sous la porte

Malgré le déconfinement, la reprise pour les structures de coworking, du fait des mesures sanitaires, s’annonce compliquée. Avec les pertes de chiffre d’affaires de leurs principaux clients, les indépendants, et la trop grande promiscuité qui règne dans ces espaces, 80% risquent de fermer.

 

Originaires de la Sillicon Valley, les espaces de travail partagés, ou fab lab, ont triplé en nombre depuis 2017

Des masques pour tous, du gel hydroalcoolique, des plexiglas et des distances à respecter… C’est ce qui attend ceux qui retournent au travail dans leur open space. Voilà un coût supplémentaire pour les entreprises mais aussi pour ce qu’on appelle les espaces de travail partagés, plus connu sous leur nom anglais d’espace de coworking. En tant qu’espace public, ils ont fermé leurs portes pendant deux mois et pour eux aussi, il y aura un avant et un après Covid-19.

 

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Vous le savez, ces espaces – qui attiraient aussi bien des travailleurs indépendants que des travailleurs détachés par leurs entreprises, se sont multipliés dans la Silicon Valley, avant d’essaimer en Europe… Leur nombre a triplé depuis 2017. Qu’on les appelle coworking, fab lab ou ateliers collaboratifs, ils doivent une partie de leur succès à leur convivialité. 

 

 

L’idée était de partager un espace avec des gens venus de tous horizons, au milieu de bureaux, avec une cuisine collective, des babyfoots ou café collectif. Ce schéma censé favoriser la créativité et la productivité n’est plus vraiment dans l’ère du temps, compte tenu des contraintes sanitaires liées au coronavirus. 

 

 

France Tiers-Lieux estime la perte de chiffre d’affaires des espaces de coworking à 110 millions d’euros

A Strasbourg par exemple, à la Plage digitale, l’heure est plutôt aux parties de bataille navales, à distance, et au café servi par des personnes masquées à des travailleurs séparés par des plaques de plexiglas. On a connu plus glamour… Mais leur souci est d’abord économique, car après deux mois de fermeture, France Tiers-Lieux a fait les comptes.

 

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80% de ces sites font état d’un risque de fermeture à court et moyen terme en raison d’une perte globale de chiffre d’affaires estimée à plus de 110 millions d’euros. Deux soucis sont mis en avant. D’abord, le paiement des loyers durant le confinement. Il représente en général 50 % des charges. Nombreux misent sur la bienveillance de leurs bailleurs, qui peuvent profiter d’un avantage fiscal pour ceux qui renonceraient temporairement à leur loyer. 

 

 

Autre question essentielle aussi : comment faire revenir les utilisateurs, notamment ceux qui ne supportent plus de travailler à la maison ? Beaucoup pourraient y renoncer en cas de pertes de pouvoir d’achat, notamment les indépendants, nombreux à les utiliser.

 

Pierrick Fay