Valérie Pécresse appelle à sortir le Kärcher pour nettoyer les cités : Pourquoi veut-elle choquer ?

Valérie Pécresse a employé une formule choc, pour nettoyer les cités, il faut « sortir le Kärcher de la cave ». Le Kärcher : chacun a reconnu la formule utilisée par Nicolas Sarkozy à La Courneuve en 2005. La formule frappe à nouveau aujourd’hui, et c’est exprès.

Valérie Pécresse veut tourner la page après la division des LR sur le pass vaccinal

Valérie Pécresse veut amener le débat sur le terrain de la sécurité, c’est un des axes forts de sa campagne. Et c’est l’ADN de la droite, d’où cette référence à Sarkozy. Mais la candidate LR avait aussi besoin de tourner rapidement une page, celle du pass vaccinal. Dans cette semaine folle à l’Assemblée, le groupe LR s’est divisé – un tiers pour, un tiers contre, un tiers d’abstention -, ce qui a permis aux macronistes de dire : voyez, non seulement la droite est divisée mais Pécresse, qui est pour le pass vaccinal, n’a pas réussi imposer son point de vue à toutes ses troupes. Alors au fond Valérie Pécresse a fait comme Emmanuel Macron sur la vaccination : attirer le débat sur son terrain avec une formule qui frappe.

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Reprendre les mots de Sarkozy, c’est aussi une manière de mobiliser l’électorat de la droite, même si la référence est à double tranchant. La référence à Sarkozy, elle est importante pour Pécresse. Depuis sa désignation, elle a beaucoup mis en avant sa filiation avec Jacques Chirac. Mais Chirac ce n’est qu’une partie de la droite et la droite qui refusait de se définir comme telle. Sarkozy c’est à l’inverse la droite fière, c’est elle qu’il faut mobiliser. Mais attention, le Kärcher, c’est à la fois le symbole du volontarisme sécuritaire. Mais c’est aussi le souvenir d’un Kärcher qui n’a pas beaucoup servi. En tout cas, moins que promis. Et la droite audacieuse dans les mots, mais timorée dans l’action, c’est précisément l’angle d’attaque d’Eric Zemmour.

Elle s’adresse à la droite zemmourisée : Sarkozy a eu le courage de dire, moi j’aurai le courage de faire

Pour saisir sa démarche, il faut comprendre que Valérie Pécresse s’adresse aux deux flancs opposés de l’électorat de droite. D’un côté, elle dit que le Kärcher est à la cave depuis dix ans. Faisons les comptes : dix ans = Hollande + Macron. Pécresse s’adresse donc à la droite macronisée en lui disant : ne vous faites pas avoir, en matière de sécurité, non Macron n’est pas de droite, il est dans la lignée de son prédécesseur socialiste. Et d’un autre côté, elle répète en boucle : je suis la dame du faire. En sachant la connotation à double entrée du Kärcher, elle s’adresse à la droite zemmourisée pour lui dire : Sarkozy a eu le courage de dire, moi j’aurai le courage de faire. D’où aussi ses propositions concrètes dévoilées hier comme la détention dans des locaux publics désaffectés en attendant la construction de nouvelles places de prison.

Guillaume Tabard

 

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