Présidentielle 2022 : Christiane Taubira rend la situation à gauche encore plus confuse

Philippe Grangeaud / Parti Socialiste

Christiane Taubira s’est lancée vendredi 17 décembre dans la campagne présidentielle. Qu’en est-il pour la gauche à présent ? 

A gauche, personne ne retire sa candidature pour Christiane Taubira

Christiane Taubira a contribué à rendre la situation à gauche encore plus confuse qu’elle n’était, ce qui n’est pas peu dire. Dans sa vidéo de vendredi, Christiane Taubira a dit que la gauche était dans une « impasse ». On ne l’a pas attendu pour le savoir. Et puis lorsque vous avez cinq voitures engagées dans une impasse, qui ne peuvent plus avancer et qui ne savent pas comment reculer, est-ce que l’arrivée d’une sixième voiture aide à résorber l’embouteillage ? A l’évidence, non. Christiane Taubira fait une candidature en plus et cela ne fait pas une candidature de moins puisque vous aurez noté que personne : ni Jean-Luc Mélenchon, ni Fabien Roussel, ni Arnaud Montebourg, ni Anne Hidalgo ni Yannick Jadot ne se sont retirés pour elle et ne semblent pas prêts à le faire.

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Christiane Taubira dit pourtant ne pas vouloir être une candidate en plus et se donne jusqu’à la mi-janvier pour obtenir l’union. Est-ce totalement impensable d’y parvenir ? Que la dispersion, l’émiettement même, de la gauche soit une forme de suicide électoral, tout le monde en est convaincu. Mais pour sortir de l’impasse, pour parvenir à une candidature unique dans le mois qui vient, il faut qu’il se passe un électrochoc, qui secoue, réveille et réanime le malade. Or, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’y avait strictement rien dans la déclaration de Christiane Taubira, qui soit de nature à créer cet électrochoc. Elle qui se pare si souvent des plumes du lyrisme, a tenu des propos d’une platitude navrante. Sa vision de la gauche et du pays s’est limitée à une poignée de formules passe-partout. Elle n’a pas même cherché à esquisser une méthode de dialogue. Son seul message a été : me voilà, et maintenant rendez-vous à la mi-janvier. En gros son slogan c’est : moi candidate de la gauche, parce que je le vaux bien. C’est quand même un peu court.

Sandrine Rousseau multiplie les amabilités envers Christiane Taubira

Concernant Jean-Luc Mélenchon, c’est clair qu’il ne bougera pas. Yannick Jadot ne veut pas non plus, estimant à juste titre, avoir déjà remporté sa primaire. Mais Sandrine Rousseau, qu’il avait battue, multiplie les amabilités envers Christiane Taubira. L’ancienne Garde des sceaux n’obtiendra pas le retrait du candidat écologiste mais elle peut l’affaiblir et c’est une maigre consolation. Reste le cas d’Anne Hidalgo toujours autant à la peine. La maire de Paris a proposé un débat télévisé entre tous les candidats de gauche. Est-ce une manière de préparer les esprits à sa sortie ? Au mieux Christiane Taubira peut se substituer à Anne Hidalgo. Mais même ça, c’est loin d’être acquis. Le problème de fond, c’est que pour parvenir à une candidature unique, il faudrait au moins une boussole idéologique à la gauche. Mais de boussole, elle n’en a plus.

Guillaume Tabard

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