Présidentielle 2022 : Christiane Taubira peut-elle fédérer la gauche ?

© Philippe Grangeaud / Flickr

Depuis l’appel à une primaire lancé par Anne Hidalgo, est-ce que la situation bouge pour la gauche ? Un nom ressort en tous cas, celui de Christiane Taubira.

Anne Hidalgo reste sous la menace de mauvais sondages

On a le sentiment que la gauche est entrée en ébullition mais qu’elle nage en pleine confusion. Pour le dire autrement, cela bouge dans tous les sens mais rien ne bouge, au sens on avait cinq candidatures différentes hier, et que l’on en a toujours cinq aujourd’hui. Ce qui est sûr, c’est que l’appel à une primaire sur le modèle de celle organisée à droite, lancé par Anne Hidalgo qui a fait un flop. Elle semble pourtant relancer sa campagne comme si de rien était. On l’a vu ce week-end avec son meeting à Perpignan. Mais il n’y a toujours aucun élan et la maire de Paris reste sous la menace de mauvais sondages qui conduiront une partie des socialistes à plaider pour son retrait.

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Yannick Jadot aussi poursuit sa campagne comme si de rien était mais on sent qu’en interne, cela tire un peu dans tous les sens. Il y a ceux qui le pressente de faire un geste en direction du PS pour faciliter justement un retrait d’Anne Hidalgo. Et ceux, du côté de Sandrine Rousseau qui continuent de plaider pour un accord avec Jean-Luc Mélenchon – qui est à ce jour toujours le mieux placé à gauche dans les sondages – même s’il reste très loin de son niveau de 2017.

Un retrait des cinq candidats au profit de Christiane Taubira est-il envisageable ?

Il y a un nom qu’on entend de plus en plus citer, c’est celui de Christiane Taubira. Notamment dans la mouvance de ce qui s’appelle la Primaire populaire. La primaire populaire, c’est un collectif indépendant, c’est-à-dire extérieur à tous les partis, au PS, au PC, à EELV ou à LFI, qui a construit un corps électoral de quelque 200 000 personnes qui veulent précisément une candidature unique de la gauche. Le problème est que pour l’instant, cette initiative ne se substitue pas aux désignations faites par les autres partis. Elle n’y ajoute puisqu’aucun des cinq candidats officiels – Anne Hidalgo, Arnaud Montebourg, Yannick Jadot, Sandrine Rousseau et Jean-Luc Mélenchon – ne s’y soumet. C’est dans ce cadre qu’a émergé le nom de Christiane Taubira.

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Si officiellement elle assure ne pas être sur les rangs, on sait que l’ancienne Garde des sceaux appelle tous les candidats déclarés en leur demandant : « si j’y vais, est-ce que tu me soutiens ? ». Comme on dit, on comprend qu’elle ne résisterait pas à l’amicale pression de ses amis. Mais un retrait des cinq candidats au profit de Christiane Taubira est-il envisageable ? Il faudrait un miracle et à gauche, on ne croit pas trop au miracle. Plus sérieusement, quand on fait le tour des prétendants à gauche, tout le monde est d’accord pour dire que l’union est impérative mais tout le monde ajoute une condition : que ce soit derrière lui, ou elle. Et comme personne ne cède, chacun reste. Et il n’y a pas de raison qu’il en aille autrement pour Christiane Taubira dont une éventuelle candidature ne serait pas une solution mais une contribution à l’émiettement.

Guillaume Tabard

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