Pass sanitaire en entreprise : Pourquoi le gouvernement hésite à l’appliquer

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Imposer ou non le passe sanitaire en entreprise : le gouvernement doit rapidement trancher la question. Au-delà de l’enjeu sanitaire, en quoi cette décision est-elle aussi politique ? Pour Emmanuel Macron, au fond, c’est toujours la même question qui se pose. Comment prendre les décisions suffisantes pour contrôler la diffusion de la pandémie sans compliquer au-delà de ce qui est nécessaire la vie des citoyens, la vie des entreprises, la vie du pays ?

Emmanuel Macron veut éviter un nouveau reconfinement

Depuis la fin 2020 Emmanuel Macron s’est opposé au reconfinement ou à la fermeture des classes et qu’il a tout misé sur la stratégie vaccinale. La mise en place du passe sanitaire, l’été dernier, était un moyen de pousser à la vaccination, et d’ailleurs ça a marché. Mais voilà avec la cinquième vague et la variant Omicron, cela ne suffit plus. Alors il y a la solution radicale, bête et méchante, du reconfinement. C’est ce qu’ont décidé les Pays-Bas. Mais c’est que veut éviter Macron car il pense que l’économie de la France et le moral des Français n’y résisteraient pas. Alors que faire ? Et bien toujours pousser davantage à la vaccination. Avec deux armes : le passage au pass vaccinal là où le pass sanitaire était déjà requis et puis, donc, l’obligation du pass sanitaire pour aller à son travail.

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Pourquoi le gouvernement hésite-t-il encore à prendre cette décision ? Parce qu’elle n’est pas neutre, notamment pour les entreprises qui deviendraient les gendarmes de leurs salariés. On voit aisément les problèmes logistiques mais aussi éthiques que cela pose car cela donnerait accès aux données médicales des personnes. Et ce n’est pas neutre non plus sur le plan des libertés publiques. Souvenez-vous, lorsqu’il a été question d’instaurer ce pass sanitaire, Oliver Véran avait expliqué qu’il ne concernait pas les activités relevant de la vie quotidienne, comme aller au restaurant. On connaît la suite. Puis on a dit qu’il ne fallait pas confondre pass sanitaire et obligation vaccinale. On arrive aujourd’hui à l’obligation de fait.

Valérie Pécresse est d’accord pour accroître la pression sur les non vaccinés

Ces adaptations sont peut-être inévitables, mais mine de rien, ce qui ne devait être que provisoire devient permanent ; ce qui devait s’inscrire dans de strictes limites voit chaque jour ses limites reculer. Tout ça pour améliorer la couverture vaccinale, mais quand on mesure que la vaccination ne protège ni de la diffusion du virus ni de ses effets sur la santé, il y a effectivement de quoi se demander jusqu’où ira cette course sans fin vers des restrictions qui ne sont jamais suffisantes.

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Cette question du pass en entreprise va-t-elle réveiller les oppositions politiques ? On le verra avec la discussion du projet de loi courant janvier. On sait que le Rassemblement national, la France insoumise ou Eric Zemmour sont hostiles à cette nouvelle étape. A droite c’est plus compliqué. Elle critique le durcissement des contraintes, mais Valérie Pécresse s’était dite d’accord pour accroître la pression sur les non vaccinés. La majorité au Parlement, Emmanuel Macron l’aura mais il sera intéressant de suivre l’attitude de la droite.

Guillaume Tabard

 

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