Présidentielle 2022 : Pourquoi Valérie Pécresse s’est-elle rendue en Arménie ?

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Une semaine après Eric Zemmour, Valérie Pécresse s’est rendue en Arménie en début de semaine. Pourquoi un tel voyage  au moment d’engager la campagne présidentielle ? 

La droite a toujours été plus sensible au sort des chrétiens d’Orient

Le sort de l’Arménie a toujours touché la France. Ne serait-ce qu’en raison de la présence sur le sol français, d’une très forte communauté arménienne, estimée aujourd’hui à quelque 600 000 personnes, dont plus de 400 000 en âge de voter. Une présence attestée dès le XVe siècle, notamment à Marseille mais évidemment due essentiellement à l’afflux après le génocide de 1915 commis par la Turquie. Le Parlement avait adopté en 2000, après de longues années de débat, une loi reconnaissant le génocide arménien, au grand dam de la Turquie. Cette communauté est chrétienne et c’est sans doute ce qui explique que la droite a toujours été plus sensible au sort des Arméniens, comme elle l’a toujours été à celui des chrétiens d’Orient en général. La gauche étant plus partagée entre sa défense des minorités et un affichage plus sourcilleux de la laïcité. 

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En quoi le sort de l’Arménie retient-il encore l’attention aujourd’hui ? L’Arménie reste un sujet d’actualité. L’Arménie c’est aussi la guerre d’ il y a un an au Haut-Karabackh, une enclave arménienne où les chrétiens ont été chassés par l’armée d’azerbaïdjan, contraints d’abandonner leurs villages, les églises, leurs monastères. Derrière les azéris, la Turquie et donc l’islam radical et conquérant d’Erdogan.

Valérie Pécresse était accompagnée de Bruno Retailleau et Michel Barnier

Se mêle donc une proximité spirituelle avec des chrétiens pourchassés et une inquiétude politique ou même civilisationnelle face à l’expansionnisme de l’islam. Des élus de droite comme Bruno Retailleau ou Valérie Boyer le disaient : dénoncer l’avancée de l’Azerbaïdjan au Haut-Karabakh, c’est résister à la menace islamo-turque en Europe. C’est ce qui explique aussi le voyage de Valérie Pécresse et Eric Zemmour. Eric Zemmour était accompagné de Philippe de Villiers, Valérie Pécresse elle, accompagnée de Bruno Retailleau et Michel Barnier : c’est à qui se montrera le plus lucide, le plus ferme, le plus mobilisé face à la menace islamiste.

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Déjà il y a cinq ans, François Fillon avait été le plus fort pour alerter sur le totalitarisme islamique. A l’époque c’est le sort des chrétiens en Syrie et en Irak qui était dramatique. Le message en filigrane, c’est : ce que vivent les chrétiens chassés par un islam expansionniste, c’est ce qui menace des quartiers en France si on n’affronte pas sérieusement le communautarisme. Pour schématiser, disons que c’est l’électorat de ce qu’on appelle parfois la droite identitaire que se disputent à distance Valérie Pécresse et Eric Zemmour. Même s’il n’y a pas forcément besoin de cet enjeu électoral pour que leurs déplacement en Arménie se justifie pleinement.

Guillaume Tabard

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