Un plan de plus de 10 milliards d’euros pour l’industrie aéronautique ?

L’Etat français va voler au secours de l’industrie aéronautique. Bruno Le Maire va annoncer demain les contours du plan de sauvetage d’une filière d’ordinaire très rentable. Avec le trafic aérien, qui ne retrouvera son niveau d’avant-crise que fin 2021, l’emploi est en danger.

 

 

30.000 salariés sont menacés chez Airbus, Dassault, Safran, Thales et leurs sous-traitants

Demain, Bruno Le Maire va présenter un vaste plan de sauvetage du secteur aéronautique. Comme souvent avec ce genre de plan, on additionne un peu les choux et les carottes, les nouvelles aides et des aides qui étaient déjà prévues. Mais au final, on estime quand même que ce sont autour d’une dizaine de milliards d’euros qui pourraient être mobilisés. L’aéronautique est l’un des rares secteurs industriels dans lequel on a vraiment des réussites internationales.

 

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On y a des champions comme Airbus, Dassault, Safran, Thales et plein d’ETI et de PME. C’est, avec le luxe et les spiritueux, un des rares secteurs industriels qui dégage un important excédent commercial. C’est donc un secteur qui mérite d’être sauvé et qui a vraiment besoin de l’être parce que la crise est très dure et risque d’être très longue. Le redécollage ne sera pas pour tout de suite. Le trafic aérien ne retrouvera sans doute pas les niveaux de 2019 avant fin 2021.

 

 

Avant d’avoir de nouvelles commandes, on va surtout avoir des annulations de commandes. Donc des plans d’économies et des réductions d’effectifs. On estime que jusqu’à 30.000 emplois ou plus, sur les presque 200.000 de la filière, sont menacés si on ne fait rien.

 

Air France a déjà obtenu via les banques et l’Etat 7 milliards d’euros

En fait, pour ralentir la chute et favoriser le redécollage, il faut des mesures d’urgences ; des prêts garantis par l’Etat pour éviter l’asphyxie financière. Air France a lui tout seul a obtenu via les banques et l’Etat 7 milliards d’euros. Il faut des mesures de chômage partiel sur la durée pour que les entreprises puissent garder le maximum de leur personnel sans pour autant être capable de leur donner du travail tous les jours.

 

 

Il faut financer de la recherche de pointe pour que l’industrie aéronautique tricolore reste compétitive demain, pour quelle puisse donner du travail à des ingénieurs qui pourraient sinon être tentés d’aller ailleurs. Il faut des fonds pour favoriser une forme de consolidation dans une industrie qui compte plein de PME et d’ETI qui ne se sont jamais restructurées parce qu’elles n’ont connu que la croissance ou presque.

 

 

Et puis, il faut soutenir les exportations et les ventes en passant des commandes publiques ou en accordant des assurances. En fait, il faut plein de mesures coûteuses sur plusieurs fronts. Au total, on devrait parler demain d’un plan à plus de 10 milliards.

 

David Barroux