Coronavirus : quel sera le manque à gagner pour le football français ?

Avec l’arrêt prématuré de la Ligue 1 et de l’ensemble des championnats, le football français pourrait perdre un milliard d’euros. Plus dépendants des droits télévisuels que leurs concurrents européens, les clubs hexagonaux dépensent plus de la moitié de leurs recettes dans les salaires. Une gestion, qui pourrait à long terme, leur être préjudiciable.

 

La Ligue 1 a enregistré, en 2019, 700 millions d’euros de pertes d’exploitation

On croit toujours que le football français roule sur l’or. Mais ce n’est pas vrai. Dans le foot, il y a des joueurs et des agents qui gagnent très bien leur vie mais il y a aussi plein de clubs qui perdent de d’argent même s’ils gagnent plein de matchs. Aujourd’hui, Les Echos publie l’interview du patron de la DNCG, les commissaires aux comptes du football. Ce sont des experts qui regardent comment le foot gère son argent et le bilan est accablant.

 

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L’année dernière, les pertes d’exploitation de la Ligue 1 étaient de 700 millions d’euros. Cette année et la saison prochaine, on devrait dépasser le milliard. De façon structurelle, le foot français dépense trop et ses charges ne sont pas variables. Les clubs dépensent en moyenne plus de la moitié de leurs recettes dans les salaires et à chaque fois que les recettes télé augmentent, les salaires flambent.

 

 

L’an prochain, les recettes audiovisuelles vont bondir de 40% mais les rémunérations vont progresser d’autant. Le problème, quand les performances ne sont pas au rendez-vous ou quand il y a un coup dur comme cette année, c’est que les rémunérations qui sont trop peu indexées sur la réussite sportive ne baissent pas.

 

Les clubs français doivent faire face à une chute de 200 millions d’euros de leurs recettes, à cause du Covid-19

L’autre problème du foot français, c’est que ses recettes sont moins diversifiées que dans les autres grands pays de foot. La billetterie, le merchandising, la restauration rapportent beaucoup moins. Cette année, les pertes explosent bien sûr pour des raisons conjoncturelles. Avec la crise du Covid et l’arrêt prématuré du championnat, le foot fait face à un manque à gagner en droits télé et billetterie de plus de 200 millions d’euros. Le foot français est donc sur le fil du rasoir.

 

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Pour l’instant, il s’en sort par deux artifices. Le premier, c’est le mercato. Tous les ans pour limiter les pertes, les clubs vendent leurs meilleurs joueurs. On est les champions du monde et notre championnat est une vitrine. On s’appauvrit sportivement pour ne pas mourir économiquement. L’autre secret, c’est que les clubs changent relativement souvent de mains. Jusque-là, on a toujours trouvé des millionnaires ou des investisseurs pour reprendre des clubs, apurer le passif et investir.

 

 

Cette année, en raison de la crise qui a affecté tous les championnats, le marché des transferts sera moins actif. Les prix vont moins flamber. La crise rend aussi les millionnaires plus prudents. Le foot français perd trop d’argent et sur le long terme, il est donc très vulnérable.

 

David Barroux