Pourquoi les clubs de football sont-ils accusés de polluer l’environnement ?

Certains clubs de football professionnels sont pointés du doigt pour leur impact sur l’environnement. En cause, les déplacements très polluants des joueurs. Mais des initiatives sont menées pour inverser la tendance.

Ecoutez 3 minutes pour la planète de Laurie-Anne Toulemont :

 

Le car du PSG a fait l’aller-retour à vide

Le football est à l’épreuve du changement climatique. La semaine dernière, l’équipe du PSG a suscité de vives critiques pour avoir pris l’avion alors qu’elle se rendait seulement à Dijon. Le voyage a duré 1h10 en avion ; soit seulement 25 minutes de moins qu’en train. Les joueurs du Paris-St-Germain sont ainsi touchés par le Flygskam, un terme suédois désignant la honte de prendre l’avion. D’autant qu’en plus du vol express à bord d’un Boeing 737, le car du PSG a fait l’aller-retour à vide. Quelques jours plus tôt, c’était l’Olympique Lyonnais qui avait créé la polémique pour un aller-retour à Paris en jet-privé. En réponse, les clubs invoquent des questions d’organisation et de sécurité.

 

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Des trajets plus courts permettent aussi de garantir la forme des joueurs, selon le préparateur physique Xavier Frezza : « Déjà, le fait d’être assis pendant une longue période est très mauvais pour la circulation sanguine. Les horaires sont le deuxième problème, vu que les joueurs sont très souvent en déplacement. Leur quotidien, c’est une accumulation de voyages en train et en avion, des retours à 2 heures du matin avec des entraînements le lendemain. Il y a certains joueurs qui jouent jusqu’à 60 matchs dans la saison. »

 

L’UEFA promet de planter 600.000 arbres pour compenser son bilan carbone

D’autres clubs font pourtant l’effort du train. Les joueurs de Lille sont récemment allés à Londres en Euro-star. Pour les affronter l’Ajax Amsterdam avait auparavant aussi pris le train pour Lille. Les joueurs de la Roma privilégient souvent les rails pour aller jouer à Milan, Naples ou encore Florence. Autant d’exemples à suivre selon l’eurodéputé écologiste Karima Delli. « On pourrait mettre en place une charte qui dirait qu’en deçà d’un trajet de moins de 6 heures en train, l’avion ne soit plus pris. Il s’agit de règles de bon sens. »  Mais pour les plus longs trajets, impossible de ne pas prendre l’avion. Ce sera donc inévitable cet été pour l’Euro 2020.

 

 

« De passer à un Euro qui va se passer dans 12 pays de la Belgique en Irlande en passant par l’Espagne et la Russie, c’est une catastrophe, regrette Karima Delli. C’est un choix qui a été fait sans aucune prospective sur l’impact climatique. On ne peut plus se permettre de faire ça dans les années à venir. » Pour compenser, l’UEFA a annoncé que 600.000 arbres seraient plantés dans les pays où se tiennent l’Euro. L’organisation a d’ailleurs estimé le bilan carbone de la compétition. 425.000 tonnes de CO2 seront émises cet été contre 517.000 durant l’Euro 2016, qui n’était disputé que dans un seul pays.

 

La Ligue de football a signé une charte avec l’ONG WWF

Certaines équipes se sont d’ores et déjà organisées pour limiter leurs déplacements. Par exemple, la Croatie va établir son camp de base en Ecosse, le Portugal en Hongrie et la Pologne en Irlande. Reste que le plus gros impact sur l’environnement sera bel et bien le déplacement des supporters. La Ligue de football professionnelle commence a prendre conscience de l’urgence climatique. Elle a d’ailleurs signé l’année dernière un partenariat avec WWF.

 

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« La charte des 15 engagements du ministère des Sports et du WWF fixe des objectifs en termes d’alimentation responsable, de transport, de déchets », résume Mael Besson, le responsable sport de l’ONG. Amiens a annoncé qu’il voulait sortir du plastique a usage unique, tout comme le PSG. Et depuis le mois dernier, le LOSC (Lille) est devenu le premier club français a avoir rejoint l’initiative des Nations-Unies pour atteindre la neutralité carbone. Cela bouge donc aussi dans le foot.

 

Laurie-Anne Toulemont

 

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