Suppression de tweets pro-chloroquine : « J’assume complètement », assure Ségolène Royal

Ségolène Royal était l’invitée de la matinale de Guillaume Durand lundi 25 mai. La présidente du laboratoire d’idées Désir de France a assuré que la suppression de ses tweets en faveur de la chloroquine « n’était pas un sujet ». Elle a affirmé qu’il s’agit d’un « médicament que l’on ne sait pas dangereux ». Elle a jugé que « remettre sur la table la question des 35 heures est une insulte faite » aux personnels hospitaliers. Elle a aussi réclamé la publication du « nombre de soignants qui ont perdu la vie à cause du covid ».

Ségolène vantait « l’utilisation de la meilleure solution connue : la chloroquine »

« J’assume complètement ». La publication d’une étude observatoire dans la revue The Lancet, qui remet en cause l’efficacité de l’hydroxychloroquine promue par Didier Raoult, n’a pas fini de faire des remous. Ségolène Royal, qui prônait l’utilisation de ce traitement face au Covid-19, a décidé dans la foulée de la parution de l’article d’effacer 2 tweets publiés en faveur du médicament. « Ce n’est pas un sujet, a-t-elle botté en touche. Régulièrement, je mets mon compte twitter à jour en supprimant des tweets qui correspondent à des sujets d’actualité précis et je laisse les tweets durables ».

 

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Ségolène Royal, tentant de justifier sa démarche, a affirmé que ses déclarations sur les réseaux ne visaient qu’à dénoncer « la façon avec laquelle (Didier Raoult) a été traité ». Dans l’une d’entre elles pourtant, elle vantait « l’utilisation de la meilleure solution connue confirmée par des spécialistes incontestables : la chloroquine ».

 

 

« Je n’hésiterais pas à refaire (des tweets) s’il y a avait de nouveau des agressions contre ce médecin », a-t-elle poursuivi, avant de viser les autorités. « Le gouvernement s’en prenait à lui alors qu’il envoyait les soignants en première ligne sans protection ». Olivier Véran, le ministre de la Santé, a quant à lui saisi la Haut conseil de la santé publique pour revoir les règles de prescription de l’hydroxychloroquine.

 

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« Sur le fond médical, il faut que l’expertise continue. Je n’empiète pas sur les compétences médicales qui ne sont pas les miennes », a-t-elle assuré, tout en proclamant que la chloroquine est « un médicament que l’on ne sait pas dangereux ». « Est-ce qu’il est efficace ? C’est à voir », a-t-elle toutefois nuancé.

 

 

« Remettre sur la table la question des 35 heures est une insulte faite » aux soignants, pour Ségolène Royal

Interrogée sur le Ségur de la santé qui s’ouvre ce lundi, Ségolène Royal, qui accorde ce jour une interview au Parisien, souhaite visiblement peser sur « les négociations avec l’hôpital public ». Les soignants sont « au bord de l’épuisement depuis plus d’un an. Ils n’ont pas été écoutés et pris en considération », a-t-elle déploré. La situation de l’hôpital est dénoncée depuis de nombreuses années. François Hollande, dont elle a été la ministre de l’Ecologie, y a lui-même reconnu « sa part de responsabilité ».

 

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L’ancienne candidate à la présidentielle a focalisé sa réflexion autour des revenus, notamment des infirmières. « Si les salaires sont si faibles, c’est certainement parce que c’est une profession extrêmement féminisée », a-t-elle avancé, indiquant que « des centaines de postes sont vacants à l’hôpital parce que les niveaux de salaires sont au 28e rang de l’OCDE ». Elle a ensuite exprimé son « inquiétude » dans un tel climat « si une 2e vague de contamination » survenait. Martin Hirsch, le patron de l’AP-HP, a lui déclaré tabler sur une revalorisation du personnel hospitalier de 15% à 20%.

 

 

Mais certains poussent pour que la question du temps de travail soit aussi à l’ordre des négociations. « Remettre aujourd’hui sur la table la question des 35 heures est presque une insulte qui est faite » aux soignants. « Ce que l’on attend sur la table, c’est le moratoire sur la fermeture des lits, la revalorisation des salaires pour pouvoir recruter », a-t-elle détaillé, fustigeant que « la privation de l’hôpital » soit devenu « le modèle de référence ».

 

 

« Les élections municipales ont été favorables à la gauche et au PS », selon Ségolène Royal

« On aimerait connaitre le nombre de soignants qui ont perdu la vie à cause du Covid. Le gouvernement ne donne toujours pas ce chiffre. Il faut donner de la visibilité à la souffrance des hopistaliers », a-t-elle également réclamé. L’ancienne figure du Parti socialiste a jugé que « les valeurs de la gauche sont celles qui sont à l’avant-garde la gestion de la crise sanitaire ». « Tout ce qui est public est mal géré, tout ce qui est privé est bien géré : cette vision ultra-libérale s’écroule ».

 

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Elle a estimé que la gauche socialiste avait su profiter de cette crise pour avancer ses idées et se relancer après la débâcle de la présidentielle de 2017. « Les élections municipales ont été favorables à la gauche et au PS », a-t-elle assuré, affichant une stratégie de relance économique qui se ferait sous l’égide de « l’Etat stratège » et en faveur de l’écologie. Elle a souhaité que l’usine Renault de Flins, promise à la reconversion, devienne « la plateforme d’excellence environnementale de la voiture et des batteries électriques ».

 

 

Elle veut aussi « lancer de grands chantiers publics sur l’isolement thermique des bâtiments, la réparation des routes secondaires et des réseaux d’eau pour lutter contre le gaspillage ». « Le plan de relance annoncé pour septembre, c’est maintenant qu’il doit intervenir. Il y a urgence », a-t-elle conclu.

 

Nicolas Gomont

 

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