Le coronavirus, vainqueur des municipales ? – La revue de presse de David Abiker

Au lendemain de ces municipales pas comme les autres, le grand vainqueur, si l’on en croit les unes de vos journaux nationaux, c’est le coronavirus. Voyez le Figaro : « Coronavirus, la grande épreuve », titre le journal, en revanche pour le quotidien, les municipales, c’est « le grand malaise ».

 

Municipales : François Baroin et François Bayrou l’ont emporté dès le 1er tour

Des municipales malades, « malades du coronavirus » c’est le diagnostic de l’Opinion quand le Courrier Picard parle d’ « un scrutin grippé ». La presse régionale, elle, s’efforce de donner les résultats vaille que vaille. L’Est Eclair titre sur la victoire de François Baroin au premier tour à Troyes ou l’Eclair des Pyrénées sur celle de François Bayrou à Pau. Ces deux-là confirment que l’effet coronavirus c’est surtout « la prime au sortant » selon la Nouvelle République.

 

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« Une abstention record et un second tour incertain » c’est la une de Ouest France. Les quotidiens posent déjà la question du second tour de ces élections municipales. Le Parisien Aujourd’hui en France est très clair et parle d’ « impossible second tour ». La Voix du Nord d’un « second tour en sursis ». « Y aura-t-il seulement un second tour ? » s’interroge le Courrier de l’Est. On n’aura pas la réponse dans l’Equipe, qui titre « Plus vite que la peur » avec le Français Sébastien Ogier qui a pris le départ du Rallye du Mexique malgré le risque. Plus vite que la peur, l’Equipe n’est pas si loin du titre choisi par les Echos : « une course contre la montre » avec des mesures de confinement plus strictes envisagées. Pourquoi ? parce que les Français vivent encore en état d’inconscience, « L’état d’inconscience » c’est la une de Libération.

 

Certains se confinent dans la stupidité, selon Xavier Gorce, dessinateur au Monde

Car de Paris à Nice, le soleil a été plus fort que la prise de conscience. C’est le constat de Libération. A Lyon on a vu des badauds sur les marchés, à Marseille des touristes faire la queue pour embarquer vers les îles du Frioul et à Paris, au parc des Buttes-Chaumont des centaines de Parisiens prendre le soleil. C’est ça l’état d’inconscience ou d’insouciance.

 

 

Et Libération fait cette observation de bon sens : appelés à rester chez eux d’un côté et à se rendre aux urnes de l’autres, les Français ont eu du mal à respecter les consignes. Pour le dessinateur du Monde Xavier Gorce, celui qui dessine des pingouins sur la banquise, les Français qui ont eu tendance ce week-end à se regrouper « certains décidément se confinent dans la stupidité ». Alors fallait-il maintenir l’élection ?

 

Municipales : fallait-il maintenir le 1er tour ?

Le Figaro fait le récit de ces 4 jours qui ont vu les poids lourds de la majorité et des Républicains peser le pour et le court d’une élection dont le patron du Figaro Alexis Brezet estime ce matin qu’elle était un non-sens absolu. « Jeudi à 17 :00 c’était plié assure un membre de la majorité », le président avait pris la décision de reporter ces élections.

 

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Alors il appelle le 2e personnage de l’Etat, Gérard Larcher qui lui dit en substance « c’est vous le président mais moi je ne le ferais pas ». Il ajoute « Si vous reportez, alors je dirai publiquement que je suis totalement opposé à ce report » prévient Larcher au téléphone. En fait plus vous lisez le Figaro plus vous constaterez que l’ensemble du personnel politique voulait maintenir l’élection contre l’intuition du Président. Même Laurent Fabius président du conseil constitutionnel consulté à titre personnel. Mais comme le dit Gérard Larcher « c’est vous le président »

 

Le scénario de 300000 morts du coronavirus est crédible, selon le professeur Dab

Tout ça semble dérisoire si vous tourner 3 page du Figaro, avec l’interview de William Dab directeur général de la santé de 2003 à 2005. William Dab était en poste pendant la crise du SRAS. Il est professeur d’épidémiologie et titulaire de la chair hygiène et sécurité aux Arts et Métiers pendant 19 ans. Et voilà ce que dit ce monsieur dans le Figaro quand on lui demande si on peut craindre une hécatombe : « je n’ai pas de boule de cristal mais un scénario de 300.000 morts est tout à fait possible. Il faut le dire clairement aujourd’hui.

 

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Si le virus contamine 30 millions de personnes dans le pays, ce qui est tout à fait envisageable et compte tenu de sa létalité de 1% vu la dynamique actuelle c’est tout à fait crédible. Et quand le Figaro l’interroge sur le temps qu’il faudra pour éradiquer l’épidémie, William Dab explique qu’il faudra attendre au moins trois semaines pour voir les effets des décisions prises aujourd’hui. Que les pouvoirs publics ont pris les bonnes mesures mais que le comportement des français sera déterminants. Mais même si le virus recule dans un premier temps, il peut revenir à l’automne, pire, il peut muter. Et le médecin ajoute au détour d’une phrase : « tout cela est brutal mais il faut bien avoir à l’esprit que nous sommes en guerre ».

 

David Abiker