Stations de ski : qu’est-ce que le snowfarming ?

Elisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique, reçoit cet après-midi les élus de montagne et représentants des stations de ski. Une rencontre partie d’une polémique. La livraison de 50 tonnes de neige par hélicoptère sur la station de Luchon-Superbagnères dans les Pyrénéens.

 

Ecoutez 3 minutes pour la planète de Laurie-Anne Toulemont :

La pratique scandinave du snowfarming permet aux stations d’ouvrir plus tôt

La pratique reste exceptionnelle mais pose la question de l’avenir des stations de ski face au dérèglement climatique. La livraison de neige par hélicoptère a la station de Luchon-Superbagnères a récemment fait suscité l’indignation de beaucoup. Certaines stations ont déjà pris les devants pour trouver des alternatives et pour prendre soin de leur neige. Car l’or blanc n’a jamais si bien porté son nom. La neige se faisant plus rare chaque année, certaines petites stations de ski ont carrément dû fermer pour l’hiver. D’autres ont opté pour le snowfarming, un concept venu de Scandinavie.

 

à lire aussi

 

« On fabrique de la neige de culture dans le courant de la saison, explique Michaël Tessard, directeur de la station Les Saisies, en Savoie. Et puis à la fin de la saison, on vient la rassembler, on la stocke et on la recouvre d’une épaisseur de sciure de bois. C’est une sorte de coquille au-dessus de la neige qui permet de la conserver tout au long de l’été, jusqu’au démarrage de l’hiver qui suit. Quand on vient décoquiller, on récupère 70% du volume initial. » Le snowfarming a ainsi permis à la station de Bessans (Savoie) d’avoir été la toute première en France à ouvrir cet hiver. Ce qui implique un investissement, notamment pour importer de la sciure.

 

L’électricité à La Pierre Saint-Martin est garanti 100% énergie renouvelable

« Cette année, on l’estime à environ 30.000 euros pour produire de la neige et ainsi enneiger 1.5 kilomètre de pistes », précise Laurent Vidal, directeur de la station de Bessans. Un budget important, qui pousse les stations à privilégier la sciure issues de scieries locales. Selon Laurent Vidal, le snowfarming permet aussi d’éviter le gaspillage en fabriquant trop de neige de culture. Car cette neige artificielle faite d’eau et d’air demande beaucoup d’énergie électrique.  Un procédé aujourd’hui incontournable quand la neige fait défaut. Pour compenser, certaines stations font de vrais efforts en matière de protection de l’environnement.

 

 

A La Pierre Saint-Martin, dans les Pyrénées-Atlantiques, 20% du domaine est couvert de neige artificielle. « On a la chance dans les Pyrénées d’avoir beaucoup de centrale hydroélectrique, rappelle Dominique Rousseau, responsable du site de La Pierre Saint-Martin. Notre électricité est garantie 100% énergie renouvelable par notre fournisseur. Et on essaye aussi de récupérer un maximum d’eau de pluie et de fonte de neige sur notre domaine skiable. On a canalisé l’ensemble des toits de nos immeubles de la station, pour remplir notre retenue collinaire, un lac artificiel que l’on a créé sur notre domaine skiable ».

 

Une transition écologique pour sauver l’emploi en montagne

Des installations qui permettent à la station de récupérer 50% de l’eau qu’elle consomme pendant l’hiver. La Pierre Saint-Martin pratique aussi l’éco-conduite. Autant d’efforts qui font regretter la polémique de la livraison de neige par hélicoptère dans la station Luchon-Superbagnères, à trois heures de route de là. « Sur La Pierre Saint-Martin, cela a fait un peu mal de voir ça, confie Régine Casaucau, adjointe à l’office du tourisme du haut-Béarn.

 

à lire aussi

 

Mais on ne change pas un modèle économique qui a 50 ans en 10 ans seulement. On essaye quand même d’aller vers une transition et de faire très attention à ce gisement dès plus capricieux avec les aléas climatiques qui s’annoncent. » Reste qu’un autre élément majeur est aussi à prendre en compte pour ces domaines skiables. Ce sont les emplois, qui dépendent de l’ouverture et de la pérennité des stations de ski.

 

Laurie-Anne Toulemont

 

Retrouvez d’autres articles de 3 minutes pour la planète