Jean-François Delfraissy était l’invité de la matinale de Bernard Poirette sur Radio Classique ce lundi 10 août. Le président du Conseil scientifique Covid-19 a souligné que le virus touchait désormais une population jeune qui ne respecte pas les gestes barrières et les mesures de distanciation. S’il n’y a pas de conséquence directe pour elle, le professeur en immunologie rappelle que ces jeunes (jusqu’aux quadragénaires) peuvent contaminer une population plus âgée.
Coronavirus : « la situation peut basculer dans les semaines qui viennent », selon Jean-François Delfraissy
A quoi ressemble aujourd’hui l’épidémie de coronavirus en France ? Jean-François Delfraissy explique que le virus ne s’est jamais arrêté, « y compris après le confinement ». Il constate que la situation est encore sous contrôle, mais qu’elle est fragile et « peut basculer dans les semaines qui viennent ». L’immunologue souligne que l’épidémie est désormais un peu différente, nouvelle, en ce sens qu’elle touche davantage les personnes qui ne prennent pas de précautions et qui ne respectent pas les mesures de distanciation et les gestes barrière, c’est-à-dire les jeunes et les quadras.
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« Ils sont porteurs du virus, ils peuvent contaminer les autres jeunes et les plus anciens » en cette période estivale de brassage de population, explique-t-il. Pour autant, en France la maladie « ne tue plus », a rappelé Bernard Poirette, pointant une mortalité divisée par 15 depuis avril. Jean-François Delfraissy y voit les vertus du confinement, et « le fait qu’une population plus ancienne prenne ses précautions, porte des masques, respecte la distanciation ».
Selon Jean-François Delfraissy, il faut prendre garde au brassage de population dans les grandes villes en septembre
Quid de ce fragile équilibre à la rentrée de septembre ? Face au risque d’un nouveau confinement, le scientifique cite le modèle espagnol. « L’Espagne était comme la France il y a quelques semaines. En prenant des mesures complémentaires dans la région de Barcelone, les autorités espagnoles ont réussi à contrôler et retrouver un équilibre » explique Jean-François Delfraissy. Un contrôle indispensable selon lui, et qui va à l’encontre de certaines théories établissant qu’on peut laisser les jeunes se contaminer, tant que les anciens sont protégés.
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« C’est une fausse bonne idée », s’insurge le président du Conseil scientifique, « on ne peut pas séparer la population entre les jeunes et les anciens. Et d’abord, jusqu’à quand est-on jeune ? », poursuivant : « si on ne contrôle pas la circulation du virus, le brassage de population dans les grandes métropoles en septembre entraînera une situation intenable ». Il estime tout l’enjeu de ces trois dernières semaines d’août est d’arriver à faire passer la notion de mesures barrières et de distanciations civiques dans cette population jeune qui se contamine, et éventuellement à « serrer les boulons » dans certains endroits.
Béatrice Mouedine