Les pianistes Hélène Mercier et Alain Lefèvre rendent un vibrant hommage à André Mathieu

La personnalité et l’œuvre du compositeur québécois André Mathieu (1929-1968), surnommé le « Mozart canadien », demeurent un mystère à plus d’un titre : fascinant mystère d’un enfant dont l’assurance technique et la maturité musicale posent nombre de questions ; bouleversant mystère, aussi, devant un artiste d’une sensibilité à fleur de peau et qui se consuma.

 

André Mathieu composait dès l’âge de 4 ans

Décernés chaque semaine, les Trophées Radio Classique priment un nouvel album, mis à l’honneur notamment dans l’émission « Tous Classiques » de Christian Morin. Cette semaine : Les pianistes Hélène Mercier et Alain Lefèvre rendent un vibrant hommage à André Mathieu (qui étudia à Paris avec Yves Nat et Arthur Honegger) et nous proposent avec ce nouvel enregistrement d’entrer dans son univers. Né à Montréal le 18 février 1929, André Mathieu a reçu ses premières leçons de son père, le compositeur Rodolphe Mathieu, et composait dès l’âge de quatre ans. Noël Strauss du New York Times écrivit que « même Mozart, le plus grand prodige musical de tous les temps, ne composa qu’à l’âge de cinq ans, et les premières œuvres de ce dernier étaient d’une nature beaucoup plus simple que celles du jeune Canadien ».

 

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Hélène Mercier souligne l’omniprésence de la Nature grandiose du Québec dans la musique d’André Mathieu

Comme l’enfant de Salzbourg, il émerveillait des publics de partout avec ses prouesses au piano dès l’âge le plus tendre: à l’hôtel Ritz-Carlton de Montréal à six ans; aux salles Pleyel et Gaveau à Paris à sept ans; puis au Carnegie Hall de New York à dix ans. Rachmaninov le déclare pour sa part « un génie, à plus juste titre que moi ». Il avait entrepris des études en composition à Paris, les a poursuivies à New York, puis les continua à Paris après la Seconde Guerre mondiale. La plupart de ses œuvres sont des courtes pièces pour piano, mais seulement environ le quart de ses plus de deux cents compositions connues ont été retrouvées jusqu’à présent, et les recherches sont loin d’avoir abouti. La gloire d’André Mathieu atteint son apogée autour de 1950. Il mourut dans l’oubli le 2 juin 1968 à l’âge de 39 ans.

 

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On doit au pianiste et compositeur Achilleas Wastor la transcription pour deux pianos des œuvres choisies pour cet enregistrement : le Concertino pour piano n° 2, le Concerto pour piano n° 3 (la version originale du Concerto de Québec) et la Rhapsodie romantique. Pour Hélène Mercier, une « composante importante de la musique d’’André Mathieu » est « l’omniprésence de la Nature grandiose du Québec ». De son côté, Alain Lefèvre met l’accent sur leur originalité formelle en soulignant que « ses pièces sont bâties d’un seul souffle et demeurent éminemment personnelles ». Les deux musiciens se mettent au diapason pour exalter la dimension intime et lyrique du piano d’André Mathieu… que beaucoup découvriront à la faveur de ce très bel album publié par Warner.

 

 

 

 

André Mathieu : Concerto de Québec. Œuvres pour deux pianos. Hélène Mercier & Alain Lefèvre, pianos (1 CD Warner)

 

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