Le roi du surgelé, Picard, va changer de mains….

Picard c’est le roi du surgelé connu de tous les Français et effectivement le groupe suisse Aryzta qui avait acheté la moitié de ce distributeur comptant plus de 1000 points de ventes en 2015 a décidé de céder ses parts à la famille Zouari qui est le premier franchisé du groupe Casino puisqu’eux controlent 400 Franprix, Leader Price, Daily Monop’ ou Monoprix.

 

Vente de Picard : Pourquoi cette transaction intervient maintenant ?

Les Suisses étaient entrés au capital et avaient l’intention de racheter un jour l’autre moitié du groupe à un fonds anglo-saxon. Mais aujourd’hui ce boulanger industriel helvétique est en grande difficultés et il a besoin d’argent frais très rapidement. Du coup il a accepté de revendre 160 millions un actif qu’ils avaient acheté 450 millions. Pour les nouveaux actionnaires c’est donc potentiellement une bonne affaire, ils deviennent pour pas cher les actionnaires de référence d’un actif rentable. Leur challenge ça va être de faire croître Picard et de rembourser la dette du groupe qui atteint quand même un milliard et demi.

 

 

Il y a un potentiel de croissance pour Picard ?

Oui mais c’est difficile. Le marché français est relativement saturé et à l’international la croissance coûte cher et la marque n’est pas connue. Depuis qqs années Picard a mis l’accent sur des offres pour le déjeuner, ils ont testé des distributeurs automatiques pour les bureaux et ils élargissent leur gamme de produits en vendant du vin pour l’apéro par exemple. La faiblesse de Picard c’est qu’ils sont mono-produit et qu’aujourd’hui le frais à plus la cote auprès des consommateurs que le surgelé. Mais Picard a plusieurs atouts. Une image forte. C’est un category killer, le roi d’un segment. Et c’est un distributeur qui s’appuie sur des produits à sa marque. C’est un peu comme Décathlon ou Ikea dans leur genre. C’est une approche plébiscitée par les Français. Les Zouari qui sont partis de rien, d’une supérette à Ménilmontant en 1998 ont prouvé qu’ils étaient de vrais commerçants. Ils ont anticipé sur les évolutions des attentes des consommateurs dans le passé. Ils ont un savoir-faire et peut-être qu’ils pourront mettre en place des synergies avec leurs supermarchés.

 

 

 

David Barroux

 

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