Le groupe de restauration Le Duff a annoncé un investissement de 200 millions d’euros en Amérique du Nord

Le groupe français de restauration Le Duff accélère son développement outre-Atlantique. Un plan d’investissement de 200 millions a été annoncé hier pour consolider la position de sa filiale Bridor, leader de la boulangerie industrielle en Amérique du Nord.

 

Le croissant et la baguette séduisent de plus en plus les Américains…

De l’autre côté de l’Atlantique, on ne mange pas que des cookies ou des burgers. On mange aussi de plus en plus de pain et de viennoiseries à la française. La preuve, le groupe breton Le Duff qui est propriétaire de chaînes comme la Brioche dorée, Del Aarte mais aussi Bridor qui fait des pains pour la restauration et la grande distribution, a annoncé hier qu’il allait investir 200 millions de plus en Amérique du Nord pour doubler sa production et son chiffre d’affaires d’ici 2021.

 

 

Qu’est-ce qui explique l’appétit des Américains pour la boulangerie à la française ?

C’est un peu comme pour le vin. On dit souvent que les consommateurs des grandes villes commencent par goûter à certains produits quand ils sortent, quand ils vont au restaurant. Ils vont ensuite dans des boutiques spécialisées un peu haut de gamme qui jouent un rôle de précurseur. Et puis au bout d’un moment, la demande s’élargit, la base de consommateur réguliers grandit en ville et ailleurs et les attentes en terme de qualité progressent. Le consommateur devient plus exigeant. Quand il boit du vin, il veut du meilleur vin. Et quand il mange du pain et des croissants, il veut une bonne croûte et une bonne mie. Pas juste un pain de mie tout mou.

 

 

Est-ce que cette tendance peut profiter aux groupes français ?

Ils n’ont pas le monopole du pain. Ils font peut être de meilleurs baguettes et de meilleurs croissants que les Américains mais ils peuvent être copiés sans être forcément égalés. La force des groupes comme Le Duff ou des artisans comme Kaiser, le boulanger parisien qui se développe avec 16 boutiques à New York, c’est déjà que ce métier est prioritaire pour eux. La boulangerie c’est leur présent et leur avenir et en France le marché est forcément un peu saturé. Il faut donc aller chercher de la croissance ailleurs. Leur autre atout c’est qu’ils ont acquis un vrai savoir-faire. Le Duff par exemple a appris à industrialiser le processus de fabrication. Il sait combiner qualité et quantité. Et comme il est depuis 35 ans en Amérique du Nord, il a aussi appris à adapter sa production aux goûts locaux. D’ailleurs, la nouvelle mode aujourd’hui à New York c’est le cronuts… un mélange de croissant et de donuts… un jour ça va peut-être conquérir l’Amérique…

 

David Barroux

 

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