Le label Dux place le focus sur Michal Bergson, compositeur romantique polonais contemporain de Chopin

Pianiste et compositeur, Michal Bergson (1820-1898) fait partie de cette fabuleuse confrérie de musiciens (songez à Chopin et Liszt bien sûr, mais aussi à Thalberg ou Kalkbrenner) ayant trouvé son épanouissement en France, notamment à Paris, « capitale du XIXe siècle » selon la formule de Walter Benjamin.

Michał Bergson, compositeur polonais, est le père du philosophe Henri Bergson

C’est d’ailleurs à Paris que naîtra son fils, le célèbre philosophe et futur Prix Nobel de littérature Henri Bergson, dont la notoriété a depuis supplanté définitivement celle – toute relative – de son père. Pour académique (dans le meilleur sens du terme) et peu abondant qu’il soit, son catalogue mérite mieux que le remugle dans laquelle on l’a remisé, comme en témoignent les œuvres de ce disque du label Dux – des premières mondiales.

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La notice explique que son Concerto symphonique, pièce maîtresse du programme, a été retrouvé par inadvertance chez un libraire anglais d’antiquités à une date inconnue. C’est sur les conseils du pianiste Jonathan Plowright que le manuscrit a été acquis par la Philharmonie de Poznan et qu’une édition critique a pu être établie d’après diverses sources, y compris la première publication, pour piano seul, du compositeur. La page de titre de l’autographe indique que Bergson en aurait donné lui-même une audition à Paris en 1868. Pièce brillante, fidèle à une forme en trois mouvements, elle s’inscrit délibérément dans le sillage de Chopin, à l’instar des quatre pièces pour piano seul : Trois Mazurkas (dont une au fort accent patriotique intitulée Polonia !) et une Grande Polonaise héroïque qui arbore crânement son nom. La virtuosité digitale de Jonathan Plowright triomphe sans coup férir de toutes les embûches et autres chausse-trappes de la partition, notamment dans le final « à la hongroise ».

 

Le Concerto Symphonique, pièce maîtresse du programme, prend vie sous les doigts du pianiste Jonathan Plowright

L’opéra Luisa de Montfort donne à Jakub Drygas l’occasion de briller dans la « Scène et air » arrangée pour clarinette et orchestre, dont la forme bipartite en fait une aria avec cabalette sans paroles. Aleksandra Kubas-Kruk intervient dans l’air de concert « Il Ritorno », courte page pour soprano et orchestre de 1858 sous-titrée « Rondo-valse » qui pourrait être signée de Bellini ou Donizetti… lesquels eurent aussi leur heure de gloire en la capitale française ! Le chef, Lukas Borowicz, directeur musical du Philharmonique de Poznan depuis 2006, tire le meilleur de ses musiciens dans cette belle découverte discographique à côté de laquelle Radio Classique, sis Place Henri-Bergson à Paris, ne pouvait passer…

Michał Bergson: Concerto symphonique pour piano avec orchestre op. 62. Mazurkas. Grande Polonaise héroïque. Luisa di Montfort, op. 82 (extraits). Aria « Il Ritorno ». Jonathan Plowright (piano), Jakub Drygas (clarinette), Aleksandra Kubas-Kruk (soprano), Orchestre philharmonique de Poznan, dir. Lukasz Borowicz (1 CD Dux)

Jérémie Bigorie

 


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