La Chine a-t-elle menti sur le nombre de morts du coronavirus ? – La Revue de Presse de David Abiker

La presse doute du nombre officiels de décès enregistrés par le pays suite à l’épidémie de coronavirus. Bien que des photos troublantes accréditent la thèse d’une hécatombe, l’Empire du milieu maintient ses chiffres et veut réécrire l’histoire.

 

42.000 urnes funéraires auraient été remises aux habitants de Wuhan

« La chine a-t-elle tout dit ? », se demandent Le Dauphiné et Vaucluse matin. Le soupçon domine sur le nombre de ses morts, sur sa gestion de la crise sanitaire, sur la vente de masques à l’Europe… Même question en Une du Monde, qui fait état de incertitudes sur le nombre officiels de décès. Le Parisien-Aujourd’hui en France titre : « La Chine a-t-elle dit toute la vérité ? ».

 

A lire aussi

 

Berceau de l’épidémie, Pékin dénombre officiellement près de 3330 morts, loin des 11 591 en Italie ou des 7340 en Espagne. Comment y croire ? Quelle seraient les conséquences de ce qui pourrait être, au pire un mensonge, au mieux une négligence d’Etat. A l’origine de ces doutes, explique Le Parisien-Aujourd’hui en France, des photos prises par un magazine d’investigation situé à Pékin, montrant des centaines d’urnes empilées sur le carrelage d’un salon funéraire à Wuhan.

 

 

Une autre photo a immortalisé une file d’attente devant un crématorium. Sur place, les habitants ne croient pas aux chiffres officiels. Ils savent que les crématoriums ont tourné à plein régime depuis des jours. Sur les réseaux sociaux, on a estimé à 42.000 le nombre d’urnes funéraires restituées aux habitants de Wuhan.

 

 

Vers un Tchernobyl à la chinoise ?

Des experts interrogés par le quotidien mettent en doute la comptabilité chinoise, mais pas tous. Pour certains, la Chine a dit la vérité, pour d’autres, elle s’est basée sur les morts à l’hôpital. Enfin, certains affirment qu’il peut y avoir une vulnérabilité plus forte au virus chez les Européens comparés aux asiatiques. Reste que les chiffres sont stratégiques. D’autant plus stratégiques, que pour Jean-Stéphane Dhersin, interrogé par Le Parisien-Aujourd’hui en France, la France s’est basée sur les données chinoises pour paramétrer sa politique sanitaire.

 

A lire aussi

 

« Le fait de ne pas avoir de vision réelle de la situation en Chine a probablement retardé la mise en place des premières mesures en France », ajoute la chercheuse Carine Milcent. Et dans Le Dauphine, une pleine page explique, malgré le flou sur les statistiques, comment la Chine a transformé une crise en coup politique. Elle a pratiqué une diplomatie sanitaire qui lui permet de réécrire l’histoire et profite de la communication chaotique, inaudible de l’Amérique au plan international.

 

 

Un expert du centre de réflexion sur la guerre économique a ces mots : « la chine est passé de pyromane à pompier ». Ce qui est sûr, c’est que cette opacité sur le nombre de décès dus au coronavirus pourrait bien devenir une sorte de Tchernobyl à la chinoise.

 

David Abiker