La bière a le vent en poupe !

En 2018, pour la cinquième année consécutive, le marché de la bière a progressé en France. Les ventes ont progressé d’un peu moins de 2% dans les bars et restaurants mais surtout de 5% dans la grande distribution. Nous buvons donc chaque année une trentaine de litres de bières. Mais rassurez-vous, nous sommes encore très loin des plus de 100 litres de nos voisins Allemands…

 

Comment s’explique ce rebond de la bière ?

Comme sur tous les marchés, c’est souvent l’innovation qui tire la demande. Pendant longtemps, le marché de la bière est resté très stéréotypé et contrôlé par une poignée d’acteurs. Du coup, ça ronronnait. Depuis une dizaine d’années, c’est par contre le boom de ce qu’on appelle les micro-brasseries, la bière artisanale. La mode a commencé aux Etats-Unis mais elle a depuis traversé l’Atlantique. Depuis 2015, le nombre de brasseries en France a presque triplé. Il y a maintenant 1600 brasseries dans l’Hexagone.

Est-ce que la bière c’est un marché rentable ?

C’est rentable pour les gros brasseurs comme Kronenbourg, Carlsberg, Heineken et les autres qui contrôlent 90% d’un marché de presque 4 milliards d’euros. Pour les micro-brasseurs, c’est beaucoup plus dur. On estime que 65% des brasseries ne sont pas profitables parce qu’elles ne produisent pas assez. Il faut dire que c’est compliqué pour une petite marque d’être bien référencée. La grande distribution s’appuie sur des grossistes et privilégie les grandes marques qui font du volume. De plus, les grands brasseurs signent avec les bars-restaurants ce qu’on appelle des « contrats brasseurs ». Ils apportent de l’aide à l’investissement aux bars et en échange les cafetiers s’engagent à commander un certain nombre de fûts par an. Cela bloque donc une grande partie des volumes car de nombreux points de ventes se retrouvent captifs. Ils peuvent vendre des bières artisanales à la bouteille mais cela ne fait que des petits volumes. Aujourd’hui, les Français retrouvent le goût de la bière mais il y a visiblement une bulle. L’offre est supérieure à la demande et cela ne pourra pas durer éternellement. Je redoute un peu la gueule de bois…

 

David Barroux

 

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