Luc Besson : Le tribunal de commerce est au chevet de la société EuropaCorp de Luc Besson

Luc Besson traverse la plus grave crise de son histoire d’entrepreneur et on ne peut pas exclure qu’EuropaCorp, la société de production et de distribution audiovisuelle qu’il a créée lui échappe. Luc Besson c’est le plus Américain des réalisateurs Français. Depuis Nikita ou Subway il a connu un succès incroyable. Il a su créer ce qu’on appelle des franchises, des films qui deviennent des marques, comme Taxi ou Taken. C’est le french director qui a réussi à s’exporter à Hollywood avec le 5ème élément ou Lucy. C’est un génie détesté par une partie de l’intelligentsia parce qu’il est grand public. Mais visiblement ce n’est pas un génie des affaires…

 

Pourquoi EuropaCorp va mal ?

Le cinéma est une activité aléatoire. On commence par dépenser. Souvent beaucoup. Et les gains sont imprévisibles. On peut rencontrer un succès incroyable et se remplir les poches. Mais on peut aussi tout perdre quand un long métrage fait un flop. Pour limiter les risques il faut partager les investissements et aussi faire pas mal de films pour se donner plus de chances. Mais EuropaCorp a eu tendance à ne pas faire assez de films, à mettre tous ses œufs dans le même panier. Et à miser parfois très gros sur des films. Cela a été le cas avec Valérian qui n’a pas marché et qui arrivait après des diversifications dans les studios de tournage comme la Cité du Cinéma ou dans les salles de cinéma qui n’ont pas été plus convaincants. Du coup EuropaCorp perd de l’argent depuis 3 ans.

Est-ce que cela veut dire que Luc Besson est condamné ?

Pour l’instant il renégocie sa dette avec ses créanciers. Tout n’est pas perdu. Mais son entreprise va avoir du mal à se relever car son groupe doit revoir ses ambitions à la baisse. Ils ont de moins en moins de projets et ils ont vendu les diversifications qui devaient rendre le business moins cyclique. Ils cèdent par exemple leurs catalogues alors que c’est ce qui permet de faire rentrer de l’argent même quand il n’y a pas de nouveautés. Son groupe risque d’être dépecé. Vendu par appartements. Ceci dit, cela ne va pas empêcher Besson de tourner des films ou de vendre des idées à d’autres. C’est plus Besson le patron, que Besson le cinéaste qui semble condamné.

 

David Barroux

 

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