Air France annonce un nouveau plan de départs volontaires

En dix ans, les effectifs d’Air France sont passés de presque 55 000 à environ 40 000. Hier, la compagnie aérienne tricolore a prévenu qu’elle ouvrait un plan de départs qui pourrait concerner jusqu’à 465 personnes. C’est moins de 1% des effectifs globaux. Or les réductions d’effectifs ne concernent que les 3 400 personnels au sol en charge des passagers dans les 13 escales de provinces ainsi que sur Paris-Orly. Cela montre que cette branche « domestique court-courrier » ne va pas bien. Ses pertes ont pratiquement doublé l’an dernier à presque 200 millions d’euros

Pourquoi cette activité ne se porte pas bien ?

Si le court-courrier souffre, ce n’est pas parce que les Français voyagent moins. Ils voyagent de plus en plus mais ils prennent de plus en plus le TGV et les low cost aériennes. Cela pèse donc sur la rentabilité du groupe qui ne peut plus se permettre de conserver trop de lignes non-rentables. Paris-Nice ou Paris-Toulouse fonctionnent bien. Mais sur Paris-Bordeaux, Air France a perdu 40% de son trafic. Et d’autres lignes qui vont être fermées sont structurellement déficitaires comme Orly-Quimper ou Lille-Brest. Air France va donc fermer une quinzaine de lignes sur les 172 de son réseau court-courrier.

Une très mauvaise nouvelle sur un plan économique ?

Supprimer un foyer de pertes es positif. Néanmoins, quand on abandonne une ligne, on laisse le champ libre à des concurrents et Air France risque aussi de perdre des clients qui passent par les lignes nationales pour ensuite emprunter un vol long-courrier. Il y a tout de même trois points positifs. Si Air France a besoin de moins de personnel au sol c’est aussi parce que les passagers passent moins au guichet. On achète le billet sur son ordinateur et on a sa carte d’embarquement sur son smartphone. Air France peut donc profiter du numérique pour faire des économies de personnel. Ensuite, même si Air France perd du terrain sur son marché domestique il contrôle encore 65% des vols nationaux contre 45% pour Lufthansa en Allemagne et seulement 20% pour British Airways au Royaume-Uni. Enfin, si moins d’avions domestiques décollent d’Orly, Air France va en profiter pour récupérer ce qu’on appelle des « slots » – des créneaux – pour faire décoller d’autres avions, comme par exemple des vols Transavia, sa compagnie low-cost qui est elle en pleine croissance. Tout n’est donc pas perdu pour le groupe Air France.

 

David Barroux 

 

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