Joseph Haydn, saurez-vous démêler le vrai du faux ?

Souvent comparé à Mozart, Haydn reste l’un des pères du quatuor à cordes. Ses 104 symphonies incarnent le style classique, mais en y mêlant une touche d’humour personnel. Il reste une figure incontournable du château d’Esterházy, ce “Versailles hongrois” qui a vu naître nombre de ses oeuvres 

 

Haydn est resté toute sa vie au service exclusif de la famille Esterhazy

Faux. Haydn tente d’abord de préserver son indépendance. Mais devant les difficultés financières, il devient un temps le secrétaire du compositeur Porpora avant d’accepter un poste de directeur de la musique chez le comte von Morzin. Ce n’est donc qu’en 1761 qu’Haydn entre au service des Esterházy. Il a 29 ans. Il garde cet emploi jusqu’à sa mort, même si en 1804 la charge est transférée à Hummel à la demande d’Haydn lui-même. Le contrat initial signé avec cette riche famille de l’aristocratie hongroise exige l’exclusivité de ses activités et de ses œuvres. Mais la clause est finalement levée par le prince Nicolas Ier Esterházy. Mécène, mélomane et fervent admirateur du talent d’Haydn, il ne veut pas en priver le public. Ses deux successeurs, en revanche, n’y sont guère sensibles et allègent considérablement les obligations du compositeur. Celui-ci en profite pour s’installer à Londres puis à Vienne, écrire ce qui lui plait sans avoir à rendre de compte, et diffuser ses œuvres grâce aux concerts et à l’édition.  

 

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La Symphonie des adieux est une protestation contre les restrictions budgétaires

Faux. Cette symphonie est bien une protestation musicale, mais plutôt contre une interdiction ponctuelle de regroupement familial. En 1772, le prince Nicolas Ier prolonge son séjour dans son château d’Esterháza mais interdit à ses musiciens d’y faire venir leur famille. Haydn, sensible au mécontentement de ses collègues, décide de prendre leur défense… en musique ! Il écrit une symphonie où les musiciens cessent progressivement de jouer les uns après les autres dans le dernier mouvement. Lors de la création devant le prince, chacun d’eux quitte discrètement la pièce. Cette boutade musicale reflète bien l’humour du compositeur ! 

 

 

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Beethoven a été l’élève d’Haydn, qui lui a appris toutes les ficelles de la composition

Vrai. Lorsque Haydn revient à Vienne en 1792 après son séjour londonien, il prend comme élève Beethoven. Il lui enseigne la composition et se montre enthousiaste devant ses dons. Mais l’ambiance entre disciple et professeur se détériore rapidement. Beethoven, quelques années plus tard, ira même jusqu’à renier le bénéfice de cet enseignement. Or, s’il évolue par la suite vers d’autres directions, ses premières œuvres doivent pourtant beaucoup à Haydn.  

 

Mozart et Haydn ont toujours été rivaux et se sont disputés des postes prestigieux

Faux. Les deux compositeurs s’apprécient beaucoup. Malgré leurs quelques 25 ans de différence, ils se trouvent des affinités musicales et humaines. Haydn fait l’éloge de Mozart dans une lettre à son père restée célèbre : « Votre fils est le plus grand compositeur que je connaisse ». D’après un témoignage de l’époque, les deux amis se retrouvent parfois pour jouer en quatuor. En 1785, Mozart dédie même à son aîné un recueil de six quatuors à cordes.  

 

 

Michael Haydn, lui aussi compositeur, n’a aucun lien de parenté avec lui

Faux. Michael Haydn est son frère, de 5 ans son cadet. Après avoir travaillé pour Colloredo, l’archevêque de Salzbourg – comme Mozart – il devient organiste de la cathédrale de la ville. Parmi ses élèves, on compte Weber et Anton Diabelli. Le troisième frère Haydn embrasse également la carrière de musicien : Johann Evangelist, le petit dernier de la fratrie de six enfants. Joseph, l’aîné des garçons, le fait engager à Esterháza en 1763.  

 

Sixtine de Gournay

 

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