Hommage national aux Invalides : Michel Grossiord nous en parle dans sa Revue de Presse

Chaque matin, Michel Grossiord décrypte l’actualité et vous partage sa Revue de Presse

 

La revue de presse… Deux visions des hommes en uniforme !

Les militaires et les policiers…
Les policiers, à quelques heures de l’hommage national aux Invalides. L’hommage de la France au courage de ses soldats, titre Le Figaro qui salue (comme Ouest-France ou Le Journal de la Haute-Marne) les vertus des 2 commandos marine tués en libérant les touristes otages : courage, humilité, sens du devoir, acceptation du risque… Ils sont allés au bout de leur engagement…
Les militaires donc… héros aux côtés des sapeurs pompiers, des sauveteurs en mer ou en montagne, du colonel Beltrame…
Et… les policiers. Les policiers eux n’ont pas bonne presse, du moins dans Le Monde qui enquête sur l’engrenage des violences policières ayant fait des centaines de blessés… (Le Monde assume cette expression de violences policières qu’Emmanuel Macron juge inappropriée), un engrenage menaçant les libertés fondamentales…

C’est tout de même moins les policiers que le pouvoir qui est mis en cause par Le Monde…

Le pouvoir, incarné par le ministre de l’Intérieur, qui a mis en place la doctrine pour « aller au contact »… Mécanique désastreuse, « lourde responsabilité de Christophe Castaner », écrit Le Monde qui pose à contrario un regard bienveillant sur les gilets jaunes (sans mentionner les violences de leur côté), les gilets jaunes disant désormais aller manifester « la boule au ventre ».
Dans un article, Le Monde glisse toutefois que certains dérapages individuels des forces de l’ordre sont compréhensibles, voire admissibles. « On peut entendre le fait que les policiers s’épuisent »…

Cette question à la Une : où voyagez désormais sans risque ?

Tourisme, destinations danger, titre Libération… La tragique libération des deux otages enlevés au Bénin remet en lumière les risques qui pèsent désormais sur les voyageurs…
Libération de poser cette question à une géographe :
-Nous faut-il prendre le risque de continuer à aller dans les zones qui vivent du tourisme pour soutenir l’économie locale ?
J’interprète cette question à ma façon Guillaume… J’ai un projet de voyage avec vous… On cherche une destination… Le Mali, l’Afghanistan, le Sri Lanka… Et si on consultait une géographe Guillaume. Devons nous prendre le risque de continuer à aller dans les zones qui vivent du tourisme pour soutenir l’économie locale ?

Que répond-elle ?

Que c’est difficile de répondre… (oui !) Mais la géographe, rappelant les attentats à Paris en 2015, nous dit que rester à la maison n’est pas forcément mieux…
Laurent Joffrin a tranché lui : le fait de voyager malgré tout dans certains pays attaqués est une forme de résistance…
On retiendra plutôt la résistance incarnée par nos militaires en première ligne contre les djihadistes en Afrique. Le Parisien raconte cette mission difficile voire impossible contre les groupes armés qui prospèrent sur le chaos politique dans cette région d’Afrique…

Le Festival de Cannes occupe l’espace le plus large dans les journaux de ce jour d’ouverture…

Nombreux cahiers spéciaux pour annoncer le programme et un vent de fraîcheur sur la Croisette…
Une première déclaration : Jim Jarmush, dont la farce tragicomique ouvre la 72ème édition, un film de zombie mi-drôle (ça canarde et égorge avec bonheur) et mi-désespéré : « Les zombies, c’est nous, le signe que l’ordre social est rompu »…
Une deuxième déclaration, mi-drôle mi désespéré je ne sais pas, mais sincère : Alain Delon…
Alain Delon monstre sacré à Cannes, annonce Nice-Matin.
La star sera honorée dimanche d’une palme d’honneur, et accorde une interview de 4 pages au journal régional qu’il dit bien aimé… Comme Nice d’ailleurs… Alain Delon rappelle au jeune confrère qu’il a été propriétaire d’un bistrot dans la vieille ville…. D’ailleurs, Delon se sent plus méridional que jamais, « parce que Paris me fait chier, surtout en ce moment : quel bordel ! »

Sinon, il parle de cinéma…

C’est-à-dire… de lui… employant la 3ème personne… mais « avec franchise, sans fausse modestie », souligne Nice Matin…
« Des fois, ça fatique d’être Alain Delon »…
« J’ai fait une carrière impensable, d’une autre époque, d’un autre temps… J’ai tourné avec tous ses auteurs qui m’ont tant donné, Melville, Clément, Visconti, Antonioni… Alors à Cannes, je ne me cacherai pas, je serai très heureux, et très fier ! »

Alain Delon n’est pas forcément fier de tout…

Je pourrais être critiqué sur beaucoup de choses personnelles, sûrement… dit-il… ajoutant que certains ne s’en privent pas…
Certains. Une organisation américaine Women and Hollywood a lancé une pétition, rappelant les propos tenus par Delon sur les femmes, le mariage homosexuel et les immigrés…
Le délégué général du Festival Thierry Frémeaux a répondu avec une pirouette inspirée : « Nous ne donnons pas à Alain Delon le prix Nobel de la paix ».
Petit rire sur la Croisette, premier pied de nez au politiquement correct venu des Etats Unis.

 

Michel Grossiord

 

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