Militaires tués en Afrique : Michel Grossiord nous en parle dans sa Revue de Presse

Chaque matin, Michel Grossiord décrypte l’actualité et vous partage sa Revue de Presse

 

La revue de presse… Un mot : « héros » !

Nous avons besoin de héros ! Cette affirmation peut paraître scandaleuse car elle s’accompagne si souvent de la mort, prend soin de préciser Michel Schifres de L’Opinion.
Mais le fait est incontestable : nous avons besoin de héros, comme le montrent la tristesse et l’admiration qui ont submergé la France après le sauvetage des deux otages français en Afrique…
Nous n’oublierons pas les militaires Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, notamment parce qu’ils nous renvoient aussi à nous-mêmes, glisse Michel Schiffres, ce qui n’est pas toujours flatteur (car eux sont des exemples de courage, d’abnégation, de sens du sacrifice…)

La polémique n’est pas éteinte : faut-il montrer du doigt les deux otages partis dans le nord du Bénin ?

Mauvaise polémique pour Libération et Sud-Ouest, leur safari se déroulait dans un secteur non classé rouge.
L’Eclair des Pyrénées ose cette question que les familles des officiers tués recevront comme une flèche : « Faut-il leur reprocher d’avoir pris des risques insensés pour assouvir un plaisir égoïste ? »
Mais pour les autres journaux, notamment Le Figaro, il est de notoriété depuis longtemps que la bande du Sahel est déconseillée : c’est le terrain privilégié de groupuscules islamistes ! Donc l’indignation est légitime, expose Yves Thréard : on ne souhaite plus jamais pareil piège tendu à nos soldats qui ont payé le prix de l’inconséquence…
Nos soldats qui sont bien seuls sur le terrain, observe La Provence : leur mort remet en lumière l’engagement bien solitaire de la France face aux djihadistes du Sahel et du Mali. La Provence réclame là plus d’Europe : les autres pays regardent ailleurs alors qu’il sont soumis à la même menace sur notre bonheur de vivre ici…

Une voix -plus forte que toutes les autres- s’exprime dans la polémique…

Léa, 26 ans, était la compagne d’Alain Bertoncello du commando Hubert, unité d’élite tout-terrain basée à Saint-Mandrier dans le Var que nous présente La Croix.
« C’est sûr que j’ai la haine », déclare Léa au Parisien avant d’ajouter : « Mais si on commence à penser comme ça, on ne s’en sort plus. Des gens qui vont en montagne peuvent aussi se mettre en danger. »
Léa participera à l’hommage national demain aux Invalides : elle se dit bouleversée de voir les Français touchée par la disparition des deux militaires qui ont accompli leur mission jusqu’au bout…
Interview illustrée dans Le Parisien par une photo qui nous emplit de tristesse, selfie du jeune couple radieux, amoureux, plein de promesses…
Pour Le Courrier Picard, Emmanuel Macron n’aurait pas dû aller accueillir les ex-otages à l’aéroport de Villacoublay…

Parlons du premier ministre, puisqu’il accorde l’interview des 2 ans…

2 ans à Matignon : « On avance, même s’il nous reste tant à faire »…
Double page dans Le Figaro pour réaffirmer « nous tenons le rythme et le cap »…
Edouard Philippe fait référence à son mentor Alain Juppé, évoque sa relation « très bonne, fluide, confiante, fondée » ( !) avec Emmanuel Macron et semble se satisfaire du côté « Raymond Barre longiligne » que lui attribue Richard Ferrand, le président de l’Assemblée nationale.
Raymond Barre, dernier premier ministre à n’avoir pas été membre d’un parti politique…

Vous évoquiez un couple, il y a un instant… Il y en a un autre très présent dans les journaux de ce lundi…

Ce lundi qui voit arriver les Balkany devant la justice…
Si discrets dans les montages financiers, qui selon l’accusation leur ont permis de soustraire au moins 13 millions au fisc, Patrick et Isabelle Balkany l’étaient beaucoup moins dans leur vie quotidienne, expose Le Figaro…
« Le récit d’une chute », longuement racontée par Les Echos et Le Parisien, nous fait pénétrer dans une époque où l’argent liquide coulait à flots… Des employés de maison du couple (payés en cash) ont raconté aux enquêteurs les liasses de billets dans les costumes… et même les poches du peignoir du maire de Levallois-Perret…
Dessin de Ranson dans Le Parisien : deux juges contemplent les piles de dossiers marqués Balkany. « Quand je vois le dossier Balkany, j’ai l’impression d’être architecte à Levallois… »

Le même titre revient : « L’heure des comptes »…

Mais le couple a toujours su compter… également sur ses amis politiques…
La Charente libre évoque les absents du procès qui ont couvert magouilles et tromperie…
Libération voit Patrick Balkany comme un bon personnage de la comédie politico-vaudevillesque des années Chirac et Sarkozy : hâbleur, sanguin, machiste à l’ancienne, adepte du comique troupier…
Manchette de Libération sur une photo d’un Balkany hilare : Fini de rire…
Les amis politiques sont dénoncés mais aussi… les électeurs de Levallois qui (écrit Laurent Joffrin) ont fourni une assurance -vie politique en le réélisant comme des robots depuis 3 décennies. « La République exemplaire qu’on invoque souvent demande des élus honnêtes. Mais aussi des électeurs exigeants ».
Yann Marec du Midi Libre juge que ce monde des affaires et de la politique a fait beaucoup de mal à la 5ème République… Il écrit qu’il « est peut être temps de refermer cet autre monde »…
« Peut être »… Il veut dire qu’il est nécessaire de refermer cet autre monde sans délais… Antiphrase, comme on dit « C’est du joli », ou « Quel honnête homme ! »

 

Michel Grossiord

 

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