Football : La défaite du PSG en finale de Ligue des Champions est-elle une catastrophe pour le club ?

La Ligue des Champions c’est une machine à cash. Tous les ans, plus de deux milliards d’euros sont redistribués à l’ensemble des clubs, et bien sûr, plus on va loin dans la compétition, plus on gagne. L’équipe qui remporte le tournoi empoche en général autour de 150 millions. La somme exacte va dépendre des équipes, de leur nationalité et bien sûr de leur parcours.

Défaite en Finale de la Ligue des Champions : Le PSG devrait toucher 120 à 130 millions d’euros

Si on vient d’un grand pays dans lequel les télés dépensent beaucoup par exemple, on gagne plus. Et puis les grandes équipes historiques, qui sont un peu la mafia du foot, ont prévu une forme de surprime pour les équipes qui ont gagné le plus souvent. En gros, plus on a gagné dans le passé, plus on gagne aujourd’hui. Mais quand on perd en finale comme le PSG, on laisse forcément sur la table quelques dizaines de millions d’euros.

 

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Le budget du PSG est d’environ 650 millions d’euros. Là, vu le parcours du club, il va quand même toucher autour de 120-130 millions. C’est autour de 20% de leur budget. C’est très significatif. Grâce à leur bon parcours jusqu’à hier soir, les Parisiens ont pu faire rentrer de l’argent dans les caisses dans une année très spéciale puisqu’en raison du Covid il n’y a plus de recettes dans les stades, il y a moins de droits télé et le mercato des joueurs va rapporter moins. Mais le coût d’une défaite se calcule aussi sur la durée. Quand on perd, on a moins de pouvoir pour négocier avec les sponsors, et le sponsoring c’est plus de 10% du budget. On vend moins de maillots et on peut avoir du mal à bien revendre des joueurs ou à en attirer d’autres. Perdre c’est forcément s’affaiblir.

 

L’OM a gagné la Ligue des Champions en 1993, mais n’est pas devenu une grande équipe européenne

Pour le PSG est-ce que cette défaite peut provoquer une crise sur le front économique ? Une victoire ou une défaite ne change pas le cours de l’histoire. L’OM a gagné la Ligue des Champions en 1993 mais n’est pas devenu une grande équipe européenne. Le PSG a perdu hier mais peut encore devenir un grand d’Europe. Ce qui compte c’est de s’inscrire sur la durée. La force du PSG c’est qu’il a un actionnaire très solide, le Qatar. Un actionnaire prêt à faire grandir le club, et qui lui assure une forme de stabilité. C’est le cas des autres grandes équipes européennes, le Bayern, le Real, Barça, la Juventus de Turin ou Liverpool. Ce n’est pas le cas de presque toutes les autres équipes françaises qui changent souvent de mains.

 

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Maintenant, le PSG reste une équipe française et cela a surtout des inconvénients. Même si les recettes télé viennent de bondir, le championnat rapporte beaucoup moins qu’en Angleterre par exemple. Et surtout les charges sociales sur les hauts revenus sont beaucoup plus élevées en France, ce qui pénalise le PSG qui doit dépenser deux à trois fois plus pour garantir un salaire d’un million par mois à des stars comme Neymar ou MBappé que ses grands concurrents européens. Or dans le foot, sans argent on attire pas de stars. Et sans stars on aucune chance de gagner. Hier, les stars n’étaient pas au rendez-vous. Mais le pire, c’est quand elles ne sont même pas sur le terrain.

 

David Barroux